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PUBLIÉ LE 04/06/2018
  • redigé par INREES INREES
    La rédaction
Magazine » Bonnes feuilles

Le Feu de l’Esprit

Que cela soit la peur de la souffrance, de l’inconnu, ou de la mort, ces sentiments sont le fléau l’être humain, piégeant notre égo. Pour Gregory Mutombo, le feu de l’esprit est pourtant capable de transcender cette condition, et de s’affranchir de toutes nos pensées limitantes.

En raison de sa conception séparée et individuelle de la vie, l'ego est étreint par trois peurs fondamentales.
La première est celle de la souffrance. Cette idée qui l'effraie n'existe certes pas en tant que valeur absolue. C'est une information variable, qui est la conséquence de son interprétation des situations. Plus la résistance, le refus ou la sidération sont grands, plus la sensation de souffrance est intense. Cette première peur est nourrie par la perspective d'être amené à revivre, avec plus ou moins d'intensité, des expériences jugées désagréables. Tant que nous décidons d'oublier que nous sommes, par nos pensées et nos croyances, les créateurs des conditions pratiques de notre existence, nous demeurons prisonniers de cette peur. Concevoir que la vibration de la peur attire toujours à elle ce qui est le plus redouté est une aide pour abandonner les attitudes de fuite et d'évitement.
La seconde peur est celle de l'inconnu. « Hors des repères, point de salut », s'imagine souvent l'ego. C'est ainsi qu'il va être tenté de maîtriser les tenants et aboutissants de son existence et chercher à avoir une influence sur le futur, afin de demeurer à l'intérieur d'une « zone de confort ». Cette zone est simplement un monde virtuel dont il s'efforce de limiter ou contrôler les changements en planifiant, se protégeant, se défendant et attaquant.
Viendra enfin le temps où il devra être compris que la seule guidance viable, le seul repère immuable, l'unique indicateur digne de foi est l'Esprit qui s'exprime à travers l'âme, son véhicule.
La troisième peur fondamentale est celle de la mort, vue en tant que destruction biologique du corps. L'identification à l'enveloppe corporelle rend cette issue terrifiante puisqu'elle sonne la fin totale de l'existence. Elle est la disparition de ce « moi, je » qui occupe le premier plan de toutes les conversations, tous les projets, toutes les attentes, tous les désirs.
Nombreux sont ceux corrélant la vie avec l'agitation du corps et mélangeant vie et vitalité. En vérité, il n'y a pas la vie et la mort, ni la vie ou la mort. Il n'y a que la vie, au cœur de laquelle renaissances et transitions alternent et se juxtaposent à l'infini. La vie est partout, en toute chose et à chaque instant. La tentation de voir davantage de vie dans la cour de recréation d'une école primaire que dans la salle de rencontre d'une maison de repos pour personnes âgées est forte. Encore une fois, elle est liée à la confusion faite entre les mouvements observables et la vie elle-même. La vie est pareillement présente en une chaise, un écureuil, une goutte d'eau ou une fleur. La forme qu'elle prend pour se manifester aux cinq sens est assurément différente, mais le fond est absolument identique. Ainsi, tant qu'il y a identification à la forme au détriment du fond, persiste la peur que cette forme disparaisse, puisqu'elle est la seule à être vue et reconnue.
Cet acharnement à ne voir la vie que dans ce qui bouge en conduit beaucoup à vouloir « protéger la vie » et sauver ce qu'ils croient être en péril mortel.
Une mère ne donne pas la vie : elle permet la naissance. Ce n'est pas la même chose. Celui qui donne est celui qui possède et reprend. L'être qui naît en ce monde ne doit pas la vie à ses parents. Celui qui naît en ce monde était déjà la vie avant de prendre forme humaine et continuera d'être la vie après la transition de son corps. La vie est éternelle et infinie. Personne n’en dispose. Personne ne sauve personne. Personne n’ôte non plus la vie à quiconque. Il n’est question que de corps, de transitions et de changement d’état. Rien de plus, ni de moins.
Il n'existe aucun processus irréversible de vieillissement susceptible de porter atteinte à la vitalité des cellules du corps ni aucune loi naturelle de décrépitude. Le chemin de la résurrection de la chair est celui du souvenir, celui qui rappelle l'homme à sa nature divine. Hormis l'accident - instantané ou se déroulant sur une existence entière du fait de l'accumulation de pensées « mortelles » -, il n'existe aucune loi de mort s'appliquant au corps. Aucun processus inévitable de vieillissement des cellules humaines n'est susceptible de paralyser graduellement l'être humain. Ce qu'on appelle la mort est ainsi à voir comme un accident évitable.
La maladie est l'absence de santé. La santé, dans l'absolu, est la paix joyeuse de l'Esprit qui, à travers la pensée, se reflète dans le corps. Le plus généralement, la décrépitude sénile qui touche l'être humain découle de l'ignorance de sa cause, à savoir l'état pathologique de sa pensée.


Extrait du livre de Gregory Mutombo, Le feu de l'esprit, l'ultime effort est de n'en faire aucun, Guy Trédaniel éditions, 2018.


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