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PUBLIÉ LE 28/04/2020

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Inexploré n°46

Entre Terre et Ciel, connectez vos énergies

LES LIVRES À LIRE

L'intestin notre deuxième cerveau

Francisca Joly Gomez et Isabel Gomez Dubest
Marabout

Salement bon pour la santé

Dr Josh Axe
Le Livre de Poche
Magazine » Enquêtes

Le ventre régulateur de joie

Et si notre nourriture et la santé de notre ventre impactaient totalement notre mental, nos émotions et mesuraient nos ardeurs ? C’est ce que de nombreux chercheurs tendent à prouver…

L’habitude populaire d’associer les sensations du ventre à des émotions n’est pas sans origine scientifique réelle. En effet, de nombreux chercheurs du monde entier se penchent depuis quelques années sur les relations entre le cerveau et les intestins. Leurs fonctionnements et particularités organiques se ressemblent : ils sont construits avec les mêmes éléments fondamentaux, des neurones et un système nerveux. Cerveau et intestins sont connectés grâce au nerf vague et sont en perpétuelle communication. Ainsi, les « deux » cerveaux du corps organisent tout ce qui fait notre vie, notre énergie, mais également nos humeurs.


Ventre : un deuxième cerveau


Les intestins sont composés de 200 millions de neurones, soit l’équivalent de ce que possède un animal de compagnie ! À l’origine des temps, lorsque nous n’étions qu’une amibe digestive, nous n’avions même pas de cerveau. Nous avons commencé par n’être que des organismes dédiés à manger, et nous n’avons développé nos yeux que dans le but de trouver plus de nourriture. C’est pour actionner ces yeux que le cerveau a commencé à se développer. Il a pris encore plus d’essor avec l’arrivée du feu, lorsque nous avons cuit nos aliments. La digestion s’étant simplifiée, le ventre a pu laisser la place au cerveau, qui s’est développé encore davantage. Fonctionnant de manière similaire et combinée, ces deux centres nerveux communiquent directement, via le nerf vague, grâce à des neurotransmetteurs (ou neuromédiateurs) activés par les neurones. La professeur Francisca Joly-Gomez, gastro-entérologue, précise dans son best-seller sur le sujet (1) : « Certains de ces neuromédiateurs sont connus depuis longtemps pour agir sur le contrôle de l’appétit, les troubles de l’humeur comme la dépression, le sommeil et certaines maladies neurologiques. »


Cerveau sous influence


L’un des neurotransmetteurs les plus connus est la sérotonine, hormone à l’origine de la sensation de bien-être. Elle est sécrétée par l’intestin en majorité (95 %), et on la retrouve en moindre quantité dans le cerveau, qui est pourtant censé être à l’origine des émotions. Si elle n’est pas fournie en quantité suffisante par notre intestin, elle ne peut donc pas remonter jusqu’à l’hypothalamus situé dans le cerveau. « Les neuropsychiatres s’intéressent depuis de très nombreuses années au rôle des neuromédiateurs qui pourraient être impliqués dans certaines formes de dépressions et de comportements agressifs : une concentration trop faible de sérotonine dans le système nerveux central serait facteur de risque de maladies », explique Francisca Joly-Gomez. La sérotonine étant également régulatrice du système immunitaire, on peut comprendre l’importance de sa forte présence dans notre organisme.


L’univers de notre ventre


Les stars incontestées de notre intestin, celles qui sont à l’origine de son bon fonctionnement et de l’optimisation de la métabolisation de ce que nous mangeons, sont les bactéries. En plus grand nombre que les planètes de l’univers, elles « éduquent » notre système immunitaire en lui indiquant ce qui est « bon » et ce qui est « mauvais », lui apprenant à reconnaître ce qu’il faut conserver et ce qu’il faut éjecter (microbes inclus). Ces bactéries, en se nourrissant de ce que l’on mange, transforment les éléments matériels en énergie. Il est commun, de nos jours, de déséquilibrer totalement ce microbiote en lui fournissant des éléments en trop grande quantité comme le glucose, le gluten ou les antibiotiques. « L’alimentation exerce un rôle fondamental dans la formation du microbiote intestinal et la modification de populations bactériennes essentielles peut transformer un microbiote intestinal sain et provoquer des maladies », prévient le Dr David Perlmutter dans son livre L’intestin au secours du cerveau (éd. Marabout). Des états inflammatoires, une mauvaise immunité, une grande difficulté à éliminer (diabète, surpoids) et, de ce fait, des états dépressifs peuvent en résulter. Il est indispensable de prendre conscience de l’importance du microbiote pour conserver une bonne santé, un bon moral et toute son énergie…


(1) L’intestin notre deuxième cerveau - Pr Francisca Joly Gomez Éd. Poche Marabout, 2019, 7,90 €

Comment optimiser ou rééquilibrer notre microbiote ?
Quelques conseils pour un bon microbiote :
• Boire du kéfir tous les jours pour les probiotiques.
• Manger 25 fruits et légumes différents par semaine.
• Faire du jardinage pour les bonnes bactéries de la terre.
• Ne pas tout désinfecter chez soi, nous avons besoin des bactéries.
• Trouver une méthode de gestion du stress pour le canaliser.
• Avoir une activité physique régulière, même 20 minutes de marche.
• Réduire au maximum : les antibiotiques, le sucre blanc, la nourriture industrielle et le gluten.


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