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PUBLIÉ LE 19/08/2019
  • Aurélie Aimé
    Auteur

A RETROUVER DANS

Inexploré n°43

Avons-nous une destinée ?
Les mystères de nos chemins de vie

LE LIVRE À LIRE

Créer sa fortune

Sanaya Roman et Duane Packer
Mama Editions
Magazine » Enquêtes

Libérer son pouvoir d’attraction

Chacun d'entre nous est mû par un désir d’accomplissement. Comment attirer ce qui nous correspond le mieux ? Face à nos habitudes, nos peurs, nos conditionnements, il n’est pas toujours facile de nous laisser guider vers notre chemin. Voici quelques pistes pour avancer dans cette quête.

Trouver sa mission de vie, accomplir son mandat, attirer l’abondance... Autant de thématiques omniprésentes dans les courants de développement personnel, qui cachent souvent l’essentiel. Car si chacun cherche à manifester son idéal, cela peut être présenté comme une « injonction à », le terme « mission » étant d’ailleurs défini par « une charge » confiée à quelqu’un. Et si au lieu de cela, nous nous ouvrions à notre « vocation », qui désigne à la fois un appel – du latin vocare, appeler – et une invitation à écouter. Mais à écouter quoi ?
Nicolas Souchal, thérapeute transpersonnel, anime des ateliers sur la mission de vie, qu’il définit comme « le premier souffle de ce que nous sommes, dans lequel il y a déjà tout, comme dans la graine il y a l’arbre en potentiel ». Il suggère de nous poser la question : « Qu’est-ce que mon cœur désire au plus profond de lui ? Si j’écoute et fais ce qui me met en joie, en amour, qui m’apporte une paix profonde et de l’enthousiasme – un mot qui veut dire “inspiré par le divin” –, je suis déjà en train d’accomplir ma mission de vie. »


Le désir et la conscience



La joie serait donc l’expression de notre nature profonde. Dans leur livre(1), Sanaya Roman et Duane Packer, qui reçoivent leurs écrits par canalisations médiumniques, expliquent ainsi que « chaque fois que vous ressentez un poids, une résistance ou une répugnance à poursuivre telle ou telle activité, c’est le signe que vous ne suivez pas votre voie supérieure. » Trouver sa mission de vie n’est donc pas une démarche qui passe par le mental, le concept ou les idées, mais par les émotions. De même, il est souvent entendu que s’accomplir pleinement doit passer par l’action : faire tel métier, pratiquer telle passion, acquérir tel objet... Pourtant, cette concrétisation de nos idéaux serait secondaire, comme l’explique l’écrivain et conférencier Eckart Tolle dans Nouvelle Terre (éd. Ariane) : « Votre vie a une raison d’être intérieure et une raison d’être extérieure. La raison d’être intérieure est primordiale et concerne l’être. La raison d’être extérieure est secondaire et concerne le faire. » Il ajoute : « Si vous ne vous alignez pas sur votre raison d’être première, tout objectif que vous vous donnerez, même si c’est de créer le paradis sur terre, sera un produit de l’ego et sera détruit par le temps. [...] Autrement dit, ce ne sont ni vos activités ni vos objectifs qui sont primordiaux. C’est l’état de conscience dont ils émanent qui l’est. »

Il n’est pas indispensable de savoir ce que nous voulons, ou ce pour quoi nous sommes faits, pour le voir se réaliser. L’important n’est pas tant l’objet de notre désir, que les qualités qu’il nous permettra de développer : « Vous avez en effet la capacité d’attirer des choses, sans devoir forcément en connaître la forme précise, la quantité ou l’apparence. Mais il vous faut cependant en connaître l’essence. L’essence d’une chose est la fonction que vous voulez la voir remplir, le but dans lequel vous allez l’employer ou l’idée que vous avez de ce qu’elle va vous apporter », relatent S. Roman et D. Packer.


La matérialisation



Toutefois, il arrive que nous nous heurtions à des difficultés, à des « murs » qui nous empêchent de matérialiser ce que notre âme nous ferait entrevoir. Ainsi, le regard que nous portons sur les choses et les émotions associées aurait le pouvoir de créer dans la matière. De plus en plus de scientifiques s’accordent à pen- ser que nous évoluons dans un système où tout est connecté, et que l’esprit influe sur la matière. Mario Beauregard est chercheur en neurosciences. Il a réalisé une série d’études à partir de l’imagerie cérébrale qui montrent que, « contrairement à ce que certaines théories matérialistes veulent nous faire croire, l’esprit humain a une grande capacité d’influence au niveau du corps, du cerveau et de tous les systèmes physiologiques qui sont connectés. Il a aussi une influence énorme à l’extérieur des limites du corps. C’est le concept appelé d’un esprit non local. » Selon le chercheur, la physique quantique nous prouverait qu’il n’y a pas de séparation radicale entre le monde mental et le monde physique, et que notre esprit peut dépasser les contraintes de l’espace et du temps.


L’intention et l’imagination



Quelles sont alors les clés pour parvenir à matérialiser ce que nous souhaitons ? D’abord, il s’agirait de poser une intention :

Trouver sa mission de vie n’est pas une démarche qui passe par le mental.

« Lorsque vous établissez votre intention, vous mettez en mouvement une succession d’événements qui vont se dérouler. Vous commencez à attirer à vous toutes les énergies, les ressources, les idées, les opportunités, les connexions, tout l’enthousiasme et toute l’inspiration nécessaires pour faire de cette intention une réalité », expliquent S. Roman et D. Packer. L’imagination et la visualisation seraient alors des outils puissants. Il suffirait de projeter ce à quoi nous aspirons, avec le plus de réalisme possible : « Les émotions qui se trouvent derrière vos pensées déterminent la vitesse à laquelle vous manifestez les choses. Si vous voulez vraiment quelque chose, sa venue sera beaucoup plus rapide que si votre enthousiasme est moindre. Entretenez une certaine excitation à l’idée d’obtenir ce que vous voulez. [...] Pensez-y fréquemment et intensément, tout en étant détaché et disposé, quoi qu’il advienne, à laisser les choses arriver de la meilleure manière qui soit », ajoutent les auteurs. Lors de ces visualisations, nous pourrons aussi ressentir la qualité que l’on souhaite voir rayonner, et faire appel à des symboles si nous n’avons pas d’idée précise de ce que nous désirons.


Accueillir et ressentir



Ensuite, le lâcher-prise est essentiel. Ce à quoi nous aspirons pourrait nous être proposé sous une autre forme, à laquelle nous n’aurions pas pensé. Nous pouvons nous interroger : est-ce que ma demande est la seule façon pour moi de satisfaire ce besoin ? Puis-je disposer dès maintenant de l’essence de ce que je veux, sans attendre de le voir matérialisé sous la forme que j’imaginais ? « Nous avons constaté que, lorsque nous étions clairs par rapport à ce que nous voulions et demeurions ouverts et détachés, laissant n’importe quelle forme se manifester, les résultats étaient en général bien meilleurs que ce que nous avions demandé. Si certaines choses n’arrivaient pas alors que nous les attendions, nous comprenions par la suite qu’elles n’auraient pas contribué à ce moment-là à notre bienfait d’ordre supérieur », complètent S. Roman et D. Packer. Enfin, il semblerait que les mots et les émotions positives aient un très grand pouvoir d’attraction. Il n’est toutefois pas toujours évident, lorsque nous vivons une situation difficile, de ne pas nous laisser aller à l’habitude de « broyer du noir ». Les auteurs proposent des exercices simples pour parer à cela : « Souvenez-vous d’une pensée que vous avez eue vous expliquant pourquoi vous ne pouvez pas avoir cette chose-là. Imaginez à présent que cette pensée disparaît peu à peu, ou qu’elle était écrite sur un tableau noir que vous êtes en train d’effacer, ou bien encore que vous la placez dans un ballon que vous laissez s’envoler et partir à la dérive. »


La mission de vie



Au-delà de toute pratique, notre mission de vie nous serait rappelée au cours de notre existence, parfois sous la forme d’une prise de conscience soudaine, ou par le langage plus subtil de notre intuition, des synchronicités ou des rêves. Certaines phases de notre vie sont propices à ces « éclairs » de conscience.

Notre esprit peut dépasser les contrainte

À l’adolescence par exemple, toutes nos structures bougent. Dès lors qu’il y a du craquèlement, la lumière de l’intuition, de l’infor- mation, peut passer. Nicolas Souchal se souvient d’un moment particulier : « Mon frère, ma mère et moi étions dans un avion et rentrions de chez nos grands-parents. Il y avait un article sur un chocolatier. Mon frère, âgé d’environ 12 ans à l’époque, l’a lu et a été traversé par le fait de faire ce métier, et c’est ce qu’il a fait. Certains moments font effraction, c’est l’âme qui le veut. » Une autre période significative est l’âge de la retraite, qui peut signer la fin de certains rôles. Cela peut amener des questions existentielles : qui suis-je, uniquement l’enseignant, l’ingénieur, la mère ? Ou suis-je plus ? Face au vide, un espace peut se créer et permettre à l’essentiel de faire effraction. « Si je mets de l’espace, de la vacuité entre la conscience que je suis et l’ego, alors le souffle va pouvoir m’animer, et je pourrai dire “oui” à ce qui se présente : mes élans, mon intuition, mon désir, qui ne viennent pas de l’ego », explique le thérapeute. Les crises de sens seraient précisément un moment où notre âme chercherait à nous faire grandir et aller vers nous-mêmes. C’est dans ces circonstances que des vocations peuvent naître : entamer une deuxième vie professionnelle, suivre une formation...

Ce fut le cas pour Michèle, infirmière depuis 35 ans à Rillieux-la-Pape. Plusieurs fois, elle s’est sentie traversée par un besoin d’aller plus loin, de pratiquer d’autres formes de soins, intégrant toutes les facettes de l’être. C’est à l’approche de ses 60 ans que le déclic s’est produit, alors qu’un ami psychologue lui suggère de suivre une formation en hypnose ericksonnienne, trouvant qu’elle était « faite pour cela ». « Je pensais qu’à l’aube de la soixantaine il était trop tard pour me lancer dans de nouvelles études », raconte Michèle. Mais son enthousiasme l’a convaincue de se lancer : « Dès le premier week-end de formation, cela a résonné comme une évidence. J’avais enfin l’impression de pouvoir offrir quelque chose au monde qui me rapproche de ma nature profonde : être soignante et prendre en compte le cœur, le corps, l’esprit de la personne... » Lorsque le moment est propice, le chemin s’ouvre, naturellement.


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