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PUBLIÉ LE 29/01/2018
  • Catherine Maillard
    Auteur

A RETROUVER DANS

Inexploré n°37

Être soi face au vertige de la nouvelle conscience
Magazine » Entretiens

Accepter ses blessures pour guérir

Son ouvrage Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même a propulsé la canadienne Lise Bourbeau, sur le devant de la scène du développement personnel. Pourtant son parcours ne la prédisposait en rien à occuper cette place !

Commerciale pour une enseigne américaine de renom à Québec, mariée, des enfants, elle menait une vie en parfait accord avec les codes en vigueur ! Jusqu’à ce qu’un événement remette en cause tous ses fondamentaux, et lui fasse opérer un virage radical. Son cheminement de retour à soi, s’articule autour de trois concepts devenus incontournables : l’Écoute du corps, la guérison des blessures, et l’acceptation.

Lors de votre conférence au Grand Rex, vous avez évoqué avec beaucoup de simplicité, vos propres mésaventures avec cette notion « d’acception », au cœur de votre nouveau livre. Vous pouvez nous en dire plus ?

Ma première révélation a été un livre, La puissance de votre subconscient du Dr Joseph Murphy, qui a bouleversé ma vie. J’étais tellement enthousiaste que je voulais changer… tout le monde (rires). J’avais interprété son propos selon un mode perfectionniste et dirigiste qui était le mien, il y a maintenant 35 ans. Ce qui n’a pas manqué d’entraîner des conflits avec mes proches, à commencer par mon mari. Je n’acceptais pas son comportement, je voulais lui faire comprendre que ma vision, fortement influencée par Murphy, était la meilleure. Le simple fait qu’il soit devant la télé alors que la cuisine n’était pas rangée, devenait un drame ! Lui donnait un tel mauvais exemple, alors que moi j’étais parfaite. J’avais décidé que j’en ferais un homme responsable. Je l’ignorais alors, mais j’avais une telle exigence envers moi et les autres... C’est moi qui avais beaucoup à apprendre en réalité. Le divorce a tout fait éclater !


La première étape de votre changement intérieur a donné lieu à la création de l’école Écoute ton corps en 1982. Comment en êtes-vous arrivée là ?

Une importante prise de poids après cet événement majeur a été le déclencheur ! Pour mieux comprendre ce qui se passait avec mon corps, j’ai commencé à tout noter. Là, je me suis aperçue à quel point mon comportement était rigide et contraignant. J’établissais tous mes menus à l’avance. À la maison, on se mettait à table quand c’était l’heure de manger. Tout était régi par la raison, sans aucune prise en compte des véritables besoins ; c’était une vraie dictature (rires). Ces prises de conscience très concrètes, m’ont permis d’opérer une transformation intérieure ; elles sont au cœur de la méthode. J’ai radicalement changé mon mode d’alimentation, en écoutant les besoins réels de mon corps, et en quelques mois mes kilos ont fondu, mais pas seulement, mes petits bobos du quotidien aussi, mes maux de gorge, de dos, des migraines, des troubles intestinaux se sont espacés, et ont disparu…


Qu’est-ce qui vous a décidé à modéliser votre méthode ?

J’ai fait un rêve, où j’étais conférencière devant une foule enthousiaste, sur comment les différents corps (physique, émotionnel, et mental) sont inter-reliés. Je me suis sentie tellement bien en me réveillant, que ça m’a décidé à tout lâcher. J’avais déjà perdu mon mari, j’ai quitté mon job prestigieux. Bien sûr, ça n’a pas été aussi simple, j’ai rencontré un certain nombre de difficultés, avant de connaître le succès d’aujourd’hui.


À propos de succès, vous publiez en 2000 Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même, qui devient très vite un best seller. Comment cet ouvrage nous mène-t-il sur la voie de la guérison ?

Nous rencontrons tous des circonstances, où nous nous croyons rejetés, abandonnés, trahis, humiliés, ou bien traités de façon injuste, qui sont les 5 blessures fondamentales que j’ai pu identifier. À chacune d’elles, correspondent des masques spécifiques, que nous avons développés, pour éviter de souffrir. Aussitôt qu’il est en place, nous ne sommes plus nous-mêmes : nous adoptons un comportement qui lui est associé, (voir tableau). Chacun d’eux représente un type de personne avec un caractère qui lui est propre, révélateur des nombreuses croyances qui influencent nos attitudes intérieures.


Comment guérir de ces blessures ?

Il s’agit d’arriver à reconnaître le masque que nous portons, afin d’identifier la blessure que nous essayons de cacher, sans nous juger, ni nous critiquer. Il est encourageant de savoir que même si nous naissons avec des blessures qui sont réveillées par les réactions de notre entourage et les circonstances de la vie, ces masques ne sont pas permanents. Si la première étape est de le reconnaître, c’est seulement de l’acceptation que va dépendre la véritable guérison. Avoir créé un masque pour ne pas souffrir n’est pas répréhensible, mais au contraire un acte héroïque, une véritable démarche d’amour envers soi-même. Ce masque nous a aidé à survivre, et à nous adapter à notre environnement, tant familial que social.


Plus largement que signifie accepter ?

Les maîtres mots sont accueillir, observer sans jugement, conscients que tout ce que nous avons à régler fait partie de notre expérience d’être humain. Accepter une expérience, ou une personne, ne veut pas dire que celle-ci représente notre préférence, ou que nous soyons d’accord avec elle, il s’agit plutôt de nous donner le droit d’expérimenter et d’apprendre à travers ce que nous vivons, et les personnes que nous rencontrons. La plupart du temps nous agissons, nous aimons avec des attentes de résultats ! Et nous nous confrontons sans cesse à des déceptions, parce que la réalité ne correspond pas à nos représentations. Il faut passer par l’acceptation avant qu’il y ait quoi que ce soit qui change dans nos vies…

Pourquoi est-ce si difficile ?

Nous avons beaucoup de croyances à propos de l’acceptation. Accepter ne signifie pas être d’accord, ni se soumettre, qui équivaut à subir une situation, avec laquelle on lutte. Accepter n’est pas non plus un signe de déni, face à une situation difficile. Toutes ces mauvaises définitions contribuent à une confusion autour de cette notion. En réalité c’est une notion spirituelle, qui ne peut être comprise mentalement. L’acceptation s’expérimente, il s’agit de sentir les bienfaits quand on commence à accepter les choses, alors on comprend pourquoi c’est important. La différence est perceptible en termes de ressentis. Le signe de l’acceptation juste est un profond bien-être, alors que la soumission s’accompagne d’émotions négatives…


Quelle pourrait être la clé de compréhension, pour avancer sur ce chemin d’acceptation ?

Chaque événement perturbateur dans notre vie est là pour nous faire avancer, pour nous aider à devenir conscients de quelque chose que nous devons apprendre à accepter dans notre vie. Si nous le faisons alors nous avons une chance de faire l’expérience de cet amour inconditionnel. Nous avons tous la même mission, celle de prendre conscience de l’être extraordinaire que nous sommes, et que les personnes, comme les évènements difficiles à accepter sont en réalité de petites sonnettes d’alarme pour t’aider toi-même à t’accepter tel que tu es.


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