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PUBLIÉ LE 29/03/2019

A RETROUVER DANS

Inexploré n°42

Le corps, une voie spirituelle pour libérer nos mémoires et révéler notre potentiel

LES LIVRES À LIRE

Le grand dictionnaire de la métamédecine

Claudia Rainville
Ed. Guy Trédaniel

Histoires de vie - Messages du corps

Olivier Soulier
Ed. Sens & symboles
Magazine » Enquêtes

Les messages des symptômes

De nos jours, de plus en plus de personnes sont convaincues que les symptômes physiques sont l’expression d’un mal-être psychologique. Certains praticiens vont même plus loin en « décodant » les messages du corps, afin de prendre conscience de leur cause et d’accompagner la guérison.

Après plusieurs années de souffrances et de dépression, Claudia Rainville, chercheuse en microbiologie médicale, a trouvé le chemin de la guérison en prenant conscience des origines de son mal. Elle a créé la « métamédecine », cette médecine qui va « au-delà » des symptômes et qui en décrypte le langage. Thérapeute et conférencière depuis plus de trente ans, elle accompagne les personnes dans le décodage de leurs maux en mots. De même, Michel Odoul, praticien de shiatsu et psychoénergéticien, s’est rendu célèbre avec son approche de la « mal à dit », ce qu’il nomme « les messages du corps sont des cris de l’âme ». Enfin, le docteur Olivier Soulier a aussi cherché, dans son ouvrage (1), à décrypter ce que nos symptômes peuvent signifier dans notre inconscient, notamment grâce à la symbolique et à notre héritage socioculturel. Tous trois ont une approche holistique de l’humain, considérant la maladie comme un message et les symptômes comme un langage. Pour ces trois chercheurs, le principe fondateur des maux qui émergent serait la perte du sens de la vie, en plus des traumas emmagasinés. Le besoin fondamental de liberté de soi, dans l’harmonie d’un chemin de vie cohérent avec ses choix. Joe Dispenza, neuroscientifique qui enseigne notamment des voies méditatives pour accompagner le soin et qui en étudie scientifiquement les bienfaits, rappelle que « parfois, on a besoin d’un avertissement pour se réveiller ». Le corps et ses messages symptomatiques seraient aussi une chance de corriger et réparer des situations insatisfaisantes.


Remonter à la source



Pour Claudia Rainville, il est primordial de comprendre la cause première qui a créé un déséquilibre dans le corps, l’émotion de base ressentie, souvent lors d’un trauma ou d’une interprétation de situation dans l’enfance, afin de libérer la blessure ancienne, devenue inconsciente. Travailler avec des clés pour comprendre le signal qu’est le symptôme, quel est son message et trouver des pistes en se posant les bonnes questions est une véritable opportunité pour les individus. « C’est un éveil de conscience : qu’est-ce qui nous conduit à la maladie ou à telle ou telle souffrance », explique-t- elle. Il s’agit souvent de réparer une blessure ou d’identifier un besoin dont on est séparé et de soulager une accumulation d’émotions refoulées. « La symbolique du corps peut nous aider à faire le lien entre “l’accident” et ce que nous ressentions avant qu’il ne survienne. » Pour Claudia Rainville, rien n’arrive par hasard et, en reconnectant les éléments entre eux dans notre propre histoire, nous pouvons comprendre, grâce à notre corps, les chemins de décisions que nous avons pris, et éventuellement les réorienter.

Michel Odoul est spécialiste des sagesses asiatiques et des techniques de soin comme la médecine traditionnelle chinoise, le tao ou encore la pratique du shiatsu. Ces voies utilisent, entre autres, les principes du yin et du yang, la latéralisation et les méridiens d’acupuncture comme lecture du corps. Pour lui, les manifestations physiques sont reliées entre elles par la codification des énergies et chaque partie du corps, chaque organe a une fonction, un rôle dont le décodage symbolique est possible, ce qui permet de comprendre leur dérèglement. Rappelant le principe de base que « les liens qui peuvent être établis entre le corps et l’esprit ne sont ni magiques ni ésotériques, mais la pure traduction biologique de nos états psychologiques », il propose de lire les symptômes notamment dans l’environnement énergétique de chacun. Le but étant de faire coller une trame comportementale à son histoire personnelle.
Le docteur Soulier, également homéopathe et acupuncteur, rappelle que les symboles (terme qui vient de symbolon en grec, objet divisé en deux) auraient « une portée universelle, comme les mythes et leur traduction, même ramenée à l’histoire de chacun, pourrait avoir une résonance commune aux humains ». Ainsi, les « phrases » du corps parleraient un langage commun permettant de symboliser nos histoires et par là même de les comprendre.


Trouver sa voie et son autonomie



Ce qui ressort de ces trois approches, c’est le besoin de trouver un sens à sa vie, retrouver une unité avec soi-même ; le symptôme serait l’expression d’une dés-union entre le corps et l’esprit, entre le conscient et l’inconscient. Pour Claudia Rainville, trouver les causes permet de guider vers la vraie guérison, qui est l’autoguérison. Nous serions tous acteurs de notre guérison, comme nous sommes acteurs de notre maladie. Bouddha disait : « Chaque humain est l’architecte de sa guérison et de sa destinée. » Comprendre ou se rapprocher de sa légende personnelle peut se faire grâce aux signaux que la maladie envoie ; cela nous permettrait de nous autonomiser, de prendre en charge notre santé. « Les souffrances que nous vivons sont les messages de notre non-conscient, de notre maître intérieur », rappelle Michel Odoul. Nous pourrions ainsi suivre une voie de réconciliation personnelle. Souvent, cela passe par un pardon à soi et aux autres, une libération de mémoires émotionnelles et une réouverture de notre coeur. S’écouter vraiment, accepter son chemin, tout en continuant à suivre les recommandations des médecins, c’est avancer dans une nouvelle conscience de ce que nous sommes.


Quelques symptômes et pistes de causes



Ce petit lexique présente des exemples d’interprétation de symptômes, ou comment le corps peut exprimer un malaise intérieur.

Attention : Ce ne sont que des pistes de réflexion, des clés pouvant accompagner un chemin de guérison, mais il faut garder en tête que chaque histoire est singulière, que les individus réagissent différemment à des causes communes et que c’est à chacun de faire ses propres interprétations. On retrouve des jeux de mots comme en psychanalyse, où le signifiant rejoint le signifié, des expressions populaires qui sont très « parlantes ». Claudia Rainville conseille de regarder le moment précis où le symptôme est apparu : « Qu’est-ce qu’il se passait dans ma vie à ce moment-là ? »


Les maux de tête
Les phrases populaires comme « se prendre la tête » ou « s’entêter » peuvent être signifiantes pour celui qui souffre de maux de tête.

Il s’agirait souvent d’une sensation d’emprisonnement, d’émotions contrôlées, de tensions dans l’environnement, avec le souhait de récupérer son espace (les maux de tête font que l’on s’isole). La sensation d’insécurité également (épée de Damoclès au-dessus de la tête), ou encore d’accepter des pensées ou des sentiments qui nous contraignent. Subir des tensions affectives, souvent familiales, refus de pensées liées au social, contrariété, rumination…

Les problèmes de coeur
Le coeur du souci peut se situer dans la motivation de vie, « ce qui nous tient à coeur », se réaliser profondément.

De même, la perte d’un être cher ou de ce qui nous tient à coeur peut générer ces problèmes de santé. Les chocs émotionnels, les émotions trop intenses créent un blocage d’énergie ou un trop-plein, qui se répercute sur le coeur. Enfin, des difficultés à vivre l’amour, des déceptions ou renoncements, ou encore la place que l’on donne à la vie en général, peuvent se relier aux problèmes de coeur.

La peau
C’est l’organe de la relation aux autres, des échanges, du contact (ou de la perte de contact).

C'est souvent le symptôme de la difficulté à exprimer ses frustrations et de se sentir incompris. « Être mal dans sa peau », dit la phrase populaire, lorsque l’on n’est pas bien en soi-même. Les problèmes de peau peuvent aussi révéler un sentiment de solitude, l’envie de se créer une barrière vis-à-vis de l’extérieur. La peau, c’est aussi un émonctoire, une capacité à évacuer, à cicatriser, à s’autoréparer…

Le genou
C’est l’articulation qui symbolise l'acte de s’incliner, « se plier à ». Une demande de faire preuve d’humilité ou, au contraire, mal supporter une soumission.

Cela peut aussi exprimer une diffculté à dire non, résister au lieu de plier, ou encore signifier un besoin de soutien. C’est l’expression d’une résistance, d’un manque de souplesse intérieur, ou encore la diffculté à accepter et lâcher (une émotion, une situation…), à faire un compromis. C’est aussi le symbole de la relation à l’autre, le fameux « je-nous », notre relation au monde. Michel Odoul ajoute que le côté gauche évoque la relation au masculin et le droit au féminin.

Les allergies
Elles sont révélatrices du fonctionnement de notre système immunitaire et y sont associées.

Elles peuvent signifier le rejet d’une situation et il faut observer où elles se manifestent (« les yeux : qu’est-ce que je vois ?, la peau : qu’est ce qui me démange… ? ») ou le rejet de souvenirs (par exemple, être allergique à des objets signifiant l’ancien, le vieux, comme les acariens, la poussière). L’allergie aux animaux peut évoquer une tristesse qui perdure, au pollen le besoin d’une renaissance… Concevons- nous le monde extérieur comme agressif ?

Le système digestif
Plus généralement, il représente la capacité à transformer le monde extérieur.

Il peut révéler des difficultés à « avaler » à « digérer » à « assimiler » ce qui se passe dans notre vie. L’expression « ça reste sur l’estomac » est explicite de quelque chose qui ne passe pas, dont nous ne nous remettons pas. L’estomac en particulier parle de déceptions, de sentiment d’injustice, d’inconfort dans la vie.


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