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PUBLIÉ LE 29/01/2019

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Mort imminente, expérience psychedélique

Une récente étude scientifique souligne les similitudes entre les expériences spontanées de mort imminente et les effets d’un psychotrope nommé diméthyltryptamine (DMT). Qu’en conclure ?

Prenez treize personnes en bonne santé, n’ayant jamais pris de psychédélique et administrez-leur 7 à 20 milligrammes de diméthyltryptamine, ou DMT. Que se passe-t-il ? L’étude, publiée en août 2018, a été menée par des chercheurs de l’Imperial College de Londres. Objectif : comparer le vécu sous DMT aux expériences de mort imminente (EMI).
Est-il encore besoin de présenter celles-ci ? À la sortie d’un accident, d’un coma ou d’un arrêt cardiaque, des personnes témoignent avoir pénétré un espace de conscience incluant un sentiment de décorporation, la vision d’un tunnel, une intense lumière et la rencontre de défunts ou d’êtres spirituels.
La DMT est la substance psychoactive de l’ayahuasca, une infusion de plantes chamaniques d’Amérique latine. Son absorption peut entraîner des visions, ainsi que la sensation de pénétrer d’autres mondes. Dans cette étude, les participants ont décrit ce qu’ils ressentaient, d’abord après injection d’un placebo, puis après administration de la DMT. Dans les deux cas, ils ont répondu à un questionnaire comprenant des items tels que : « Avez-revu des scènes de votre passé ? », « Avezvous vu une lumière brillante, ou vous êtes-vous senti(e) entouré(e) par elle ? », « Avez-vous éprouvé une sensation d’harmonie ou d’unité avec l’Univers ? » Ce questionnaire établit une valeur seuil qui, lorsqu’elle est dépassée, atteste d’une EMI. Après injection de la DMT, tous les participants l’ont franchie. Faut-il en conclure que la DMT joue un rôle dans les EMI ?

Quelles comparaisons ?

Selon le Dr Pim Van Lommel, spécialiste des EMI, cette étude est intéressante, mais elle ne tient pas compte de recherches antérieures. « Ses éléments sont moins riches que ceux des véritables EMI » , pointe-t-il, soulignant l’absence de « sorties hors du corps avec perceptions extrasensorielles » , de « précognition d’événements futurs » , d’accélération des pensées, de vision de défunts et d’arrivée à un point de non-retour.
Les chercheurs ont bien noté des variations – sous DMT, l’impression d’entrer dans une réalité surnaturelle est plus vive, alors que celle d’arriver à un point de non-retour est plus forte dans les EMI véritables –, mais ils les attribuent à une différence de contexte, ainsi qu’aux dispositions psychologiques de chacun à lâcher prise, à se centrer sur son intériorité ou à croire à l’au-delà. Pour Pim Van Lommel, ces distinctions sont pourtant essentielles ; elles doivent inciter à ne pas amalgamer les phénomènes. On sait aujourd’hui que des gens vivent des EMI alors que leur cerveau est en parfait état de marche, ou au contraire à l’arrêt. « Certains en font l’expérience en méditation, devant un coucher de soleil ou en faisant l’amour » , détaille le Dr Jean-Pierre Jourdan, responsable de IANDS France(1). Pim Van Lommel évoque quatre études menées auprès de 562 survivants à un arrêt cardiaque. Alors qu’ils n’étaient plus censés pouvoir vivre d’expériences subjectives, ils ont fait part à leur réveil de perceptions qui se sont avérées exactes, survenues à un moment où leur cerveau était non fonctionnel et leur électroencéphalogramme linéaire. Le phénomène serait-il donc indépendant de l’état physiologique du cerveau ?
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