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© ARTEM GONCHAROV
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PUBLIÉ LE 15/10/2018

A RETROUVER DANS

Inexploré n°40

Au-delà : La psychologie et la science bouleversées !

LES LIVRES À LIRE

La médecine face à l'au-delà

Jean-Jacques Charbonier
Editions Trédaniel

Derniers fragments d'un long voyage

Christiane Singer
Albin Michel

La mort est un nouveau soleil

Elisabeth Kübler-Ross
Pocket
Magazine » Enquêtes

La mort cette naissance

La fin de vie et la préparation à la mort diffèrent d’une société à l’autre. En Occident, les soins palliatifs sont souvent le dernier lieu d’accompagnement. Si la mort est un passage, il est important qu’il soit aussi conscientisé par l’entourage de celui qui s’en va.

« Tout est vie que je vive ou que je meure » , écrivait l’auteure Christiane Singer avant de s’éteindre en 2007, dans Derniers fragments d’un long voyage (1). Animée par la grâce et l’amour, malgré la maladie, elle ira jusqu’à s’écrier : « Je grandis. Je sens intensément cette croissance en moi » , nous invitant à voir la mort comme un accroissement spirituel.

Quelles que soient nos destinées, la vie se présente comme une succession initiatique de morts et de renaissances, à travers un changement d’emploi, de ville, une séparation, la retraite, etc., tout comme l’apprentissage de l’amour, nous dit la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross, pionnière dans l’approche des soins palliatifs pour les personnes en fin de vie. Aussi la mort est-elle l’ultime étape de la vie physique du corps, qui implique de connaître les règles de la métamorphose et de la vivre, nous dit-elle dans La mort, la dernière étape de la croissance (Éd. du Rocher, 1985). « Nous sommes tous des chrysalides ; au moment de mourir, notre cocon s’ouvre et nous devenons papillons. » Or si les enfants font preuve de ressources intérieures étonnantes face à la mort, les adultes doivent passer par un travail sur eux-mêmes, plus ardu et douloureux, pour parvenir à « achever le business inaccompli » . Ils doivent se préparer « à risquer l’inconnu, à s’aventurer en territoire étranger, pour entreprendre la quête de [leur] propre soi, but ultime de la croissance » . Car, pour elle, il y a une « vie après la vie » ; « la mort n’est qu’un passage dans une autre forme d’une autre vie sur une autre fréquence » , écrit-elle dans La mort est un nouveau soleil (2). Et si mourir reste toujours difficile, suscitant « le déni, la révolte, le marchandage, la dépression et l’acceptation » – les cinq phases de la fin de vie du mourant selon Kübler-Ross –, cela peut aussi être « une expérience unique, belle, libératrice, que l’on vit sans peur ni détresse » . Que se passe-t-il donc au moment où la personne s’éteint ?


Le vortex du mourant



« Le mourant se met dans une sorte de bulle, les énergies se modifient et toute personne qui approche va pénétrer dans cette bulle » , d’où l’importance de le prévenir de ce que l’on fait, explique Christelle Dubois, soignante et médium, révélée par Stéphane Allix dans son ouvrage Le test. Certains préfèrent mourir seuls, soit pour vivre cette épreuve dans l’intimité, soit pour en protéger leurs proches. En général, lorsque le moment approche, un apaisement total apparaît, quelles qu’aient pu être les peurs ou les craintes. « Les énergies célestes se mêlent aux énergies terrestres » , créant un changement de vibration dans la pièce. « Une sorte de vortex s’ouvre » , dans lequel circulent des parents disparus et des esprits, qui attendent le futur mourant dans le monde céleste. Pour rendre compte de ce qu’elle observe, Christelle Dubois parle de « continuité de l’âme » . L’âme quitte le corps pour poursuivre son voyage dans une autre dimension.

Aussi n’est-il pas rare que la mort soit précédée, chez les mourants, de visions de proches décédés ou d’entités religieuses, comme le souligne Evelyn Elsaesser, cofondatrice du comité de direction de Swiss-IANDS (International Association for Near-Death Studies). Rarement révélées, ces visions entrent dans le concept de « conscience accrue à l’approche de la mort » , forgé par les infirmières Maggie Callanan et Patricia Kelley. Leur rôle : assurer le besoin de réconciliation des individus dans leurs relations, les aider à se libérer de leur peur, à conscientiser et à accepter leur mort. Car « cette certitude les saisit environ dans les dernières soixante-douze heures. Ils semblent disposer d’une certaine marge pour contrôler le déroulement du processus de mourir, par exemple en attendant un proche qui arrive de l’étranger (…) [ou] en choisissant de partir au moment où les proches viennent de quitter la chambre d’hôpital pour un court instant » , souligne-t-elle dans Quand les défunts viennent à nous (Éd. Exergue, 2017).


Les soins palliatifs



Grâce à la diffusion de plus en plus fréquente de ces témoignages, le regard que les hommes et les institutions portent sur la mort évolue. Elle se laisse entrevoir comme une dernière étape de conscientisation d’un autre niveau de réalité, bousculant petit à petit l’accompagnement des personnes en fin de vie. Si les sociétés traditionnelles accomplissent des cérémonies et des rituels bien précis lors du passage de la vie à la mort, associés à des prières et des chants, la société moderne occidentale, désacralisée, tente comme elle peut d’accompagner ce moment. Avec ou sans représentant religieux selon les croyances de la personne, elle tient compte de deux facteurs actuels majeurs : la mort à l’hôpital ou en maison de retraite et la professionnalisation de tous les aspects du quotidien. (...)

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