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PUBLIÉ LE 02/10/2019

LE LIVRE À LIRE

Les mystères de la conscience

Miriam Gablier
Le lotus & l’éléphant
Magazine » Bonnes feuilles

Les mystères de la conscience

Les recherches sur les phénomènes paranormaux s’intéressent notamment aux aspects mystérieux de la conscience. En leur cœur : le concept de « psi ». Le psi serait le facteur inexpliqué à l’origine des phénomènes extraordinaires tels que la télépathie, la voyance, la précognition etc. Dans son livre Les mystères de la conscience, Miriam Gablier, résume pour vous ce qu’il faut savoir sur la conscience … et sur le psi. Qu’a-t-il à nous révéler ? En voici un extrait.

L'INSOLENCE DU PSI



Le psi serait, d’une certaine manière, un peu comme un chien dans un jeu de quilles. Il sèmerait la pagaille. Les joueurs auraient du mal à le prendre au sérieux. Ils essaieraient de le canaliser d’après leurs règles, mais le chien continuerait à n’en faire qu’à sa tête. En effet, les recherches sur le psi mettent en évidence que le phénomène est instable, fuyant, élusif. Plus encore, le psi défie non seulement les théories scientifiques, mais le cœur même de la méthodologie rationnelle. Ainsi, il vient notamment questionner nos compréhensions des processus de transmission d’énergie et d’information, de la perception et de la cognition, de la relation esprit- matière, du continuum espace-temps et, pour finir, du rôle de la conscience.


Psy ou psi, qui fait quoi ?



La performance d’un sujet psi fluctue en fonction de ses états psychologiques, de son état de santé et de sa motivation à faire ce qu’il fait. Cependant, cette variation psy du psi prend parfois des tours inattendus. En 1942, Gertrude Schmeidler, de la City University de New York, questionne les sujets lambda qui participent aux expériences parapsychologiques. Elle met alors en évidence que les performances obtenues sont supérieures pour ceux qui croient au psi et inferieures pour ceux qui n’y croient pas. Elle appelle cela « l’effet mouton-chèvre ». D’autres études montrent que les résultats d’un protocole peuvent également varier selon que le chercheur lui-même croit ou pas au psi. C’est « l’effet observateur ». À l’inverse, il arrive que des personnes qui déclarent être matérialistes et ne pas du tout croire aux phénomènes paranormaux produisent des résultats tellement négatifs, tellement en deçà de la ligne du hasard, qu’ils en deviennent significatifs. On parle alors de « psi missing ». Enfin, « l ’effet de déclin » se produit lorsqu’un protocole est répété avec un sujet : les résultats ont tendance à décliner au fil du temps. Est-ce parce que le sujet s’ennuie et que la tâche finit par ne plus avoir de sens pour lui ? La question du « sens » se pose par ailleurs, lorsque les chercheurs se rendent compte que des paramètres intimes – qui ont donc du sens pour les sujets – favorisent les phénomènes psi. Par exemple, certaines personnes vivent des expériences exceptionnelles spontanées au moment du décès d’un proche. Ces fluctuations peuvent-elles être réduites seulement à la psychologie ? Peut-être pas.


Un phénomène élusif et intelligent



Force est de constater que le psi semble être polymorphe et instable par nature. Par exemple, un sujet n’est rarement que télépathe, que voyant, que précognitif, etc. Le psi tendrait à présenter des typologies mixtes et fluctuantes qui ne dépendraient pas seulement de la vie intime du sujet. Plus encore, les résultats statistiques obtenus sur un grand nombre d’expériences mettent en évidence des fluctuations qui ne proviendraient ni des protocoles, ni du facteur humain. Lorsque les chercheurs répètent leurs expériences à l’identique, les effets se déplacent, s’inversent, déclinent, disparaissent, réapparaissent. « Les parapsychologues ont même parfois l’impression que les phénomènes jouent avec eux, qu’ils les promènent »,commente Renaud Évrard.

Prenons par exemple une expérience dite à « choix forcé ». Il est ici question de deviner à chaque fois le bon résultat d’une opération. Les résultats sont tenus secrets jusqu’à la fin de la série. Il arrive que le sujet donne le résultat qui coïncide non pas à l’opération en cours, mais à celle qui va se produire le coup suivant, ou celle qui s’est produite le coup d’avant : le sujet a souvent répondu juste, mais de manière décalée temporellement ! Sa performance est alors comptée comme étant nulle, bien qu’elle mette en évidence une complexité déconcertante. Les chercheurs parlent d’une intermittence, d’un déplacement, d’une élusivité du psi. L’idée est qu’il y aurait une fugitivité inhérente au psi qui, par dérobades, échapperait ainsi partiellement aux protocoles scientifiques. Certains n’hésitent pas à penser le psi comme l’expression d’une force intelligente, et ainsi d’une forme de conscience. S’agit-il d’une entité désincarnée, de l’inconscient individuel et/ou collectif des participants, de la nature fondamentale de la réalité́ ? Aucun consensus ne répond à ces questions.


Un trickster à l’œuvre ?



Le modèle du trickster de Lutz Müller, repris par George Hansen, exprime l’idée qu’une force joueuse et espiègle pourrait être à l’œuvre dans les phénomènes psi. Les phénomènes paranormaux, les sujets psi et les chercheurs sont vus comme étant tous liés par l’archétype du trickster – le fripon divin, le truqueur charismatique. Le trickster n’est donc pas une entité en tant que telle, mais un schéma de force apparaissant avec le phénomène psi. Le phénomène observé interagit avec les conditions de son observation. Cet archétype ferait que tour à tour les expériences seraient mises à mal ou produiraient, à l’inverse, des résultats époustouflants. Les frontières entre l’authenticité et la tromperie, le sens et l’absurdité, le succès et l’échec, seraient ainsi floutées par cette caractéristique du psi.


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