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PUBLIÉ LE 03/07/2017
  • Aurélie Aimé
    Auteur
Magazine » Enquêtes

Les mystérieux travaux
de Mitterrand

« Je me sens en communication avec les forces telluriques de ce qui fut toute l’histoire de la France. Rien ne m’en écarte, et c’est ainsi que je finirai ». En 1981, Mitterrand annonce le démarrage de ses « grands travaux ». Des monuments aujourd’hui emblématiques de la capitale, et empreints de mystères.
Quelle histoire a voulu raconter celui que l’on surnommait
« Le sphinx élyséen » ?

Quatre mois seulement après son arrivée à l’Elysée, François Mitterrand annonça les débuts d’une entreprise pharaonique : les « Grands Travaux », parmi lesquels figureront la Pyramide du Louvre, la Grande Arche de la Défense, la Très Grande Bibliothèque, les Colonnes de Buren, l’Opéra Bastille… Ces monuments, de par leur emplacement, leur architecture, de par l’attrait que l’on connaissait au Président pour ce qu’il nommait « forces de l’esprit », ont donné lieu à de nombreuses interprétations. On y a vu des symboles cachés, liés à la franc-maçonnerie, à l’Egypte antique, à l’occultisme, certains y ont lu un désir de laisser son empreinte, à la manière d’un monarque... Le président souhaitait-il transmettre un message caché? Etait il un grand initié comme certains le disent ?

François Mitterrand est le seul président Français à s’être exprimé aussi fréquemment, et spontanément, sur le sujet de la spiritualité et de la transcendance, qui dans notre société, sont généralement cantonnés dans le registre de la vie privée. Ceux qui l’ont connu disent qu’il était un homme de la terre, sensible aux énergies, et très intuitif. Son terreau éducatif fut profondément catholique. À 14 ans, il affirme même vouloir entrer au séminaire. Il s’imagine un grand destin, clamant vouloir être « roi ou pape »
Bien qu’il s’éloigne de la religion au fil de sa vie, son questionnement métaphysique ne cessa de s’intensifier. En 1974, il se confie au journaliste Franz-Olivier Giesbert : « Enfant, j’étais croyant. Maintenant, franchement, je ne sais pas. Disons que, devant l’absence d’explication du monde, j’ai tendance à être déiste. Je ne fais pas partie de ceux pour qui tout n’est que hasard et nécessité. Au contraire, j’incline à penser qu’il y a une inspiration, derrière l’univers. Peut-être parce que mon esprit n’est pas très scientifique ; peut-être parce que le christianisme a modelé toute ma jeunesse. » Il portait notamment un vif intérêt pour toutes les expressions de la croyance, qu’elles soient écrites ou architecturales. Ce dernier point fut l’une de ses grandes passions. Etudiant, arpentant les rues de Paris, il s’imaginait déjà pouvoir modifier çà et là le visage de la capitale… Arrivé au sommet de l’Etat, il engage ainsi sa destinée, l’œuvre d’une vie.

Les Grands Travaux ne figuraient pas dans son programme. Aussi tout le monde fut surpris lorsqu’il en fit l’annonce, lors de la conférence de presse du 24 septembre 1981. Son projet concernait tous les domaines de la culture : de la musique à la lecture, aux arts plastiques ou au savoir scientifique, en Ile-de-France et en région. Certains, comme la rénovation du Louvre se seront étendus sur une vingtaine d'années, traduisant son besoin de parer notre pays des grandes institutions culturelles qui lui faisaient défaut. Serge Thibaut, ancien élève de l’ENS, docteur en Philosophie, et auteur du Guide du Paris hermétique. Essai sur la logique symbolique des alignements parisiens (Ed. Dervy, 2016) explique que les termes employés pour l’annonce du grand Louvre auguraient déjà un projet nimbé de mystère : « d’un air presque goguenard, il fit part de sa décision de « rendre le Louvre à sa destination », propos ambigu car la « destination » originaire du Louvre était celle d’être le palais des rois de France, pas celle d’être un musée ».
Mitterrand s’envisageait-il comme un roi parmi les présidents ? Il fut après tout le premier président après Napoléon III à le modifier, s’inscrivant dans la continuité des monarques de France.

Son projet concernait tous les domaines de la culture

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La pyramide en verre du Louvre a été faite d'après les dimensions de la pyramide de Kheops.

La grande pyramide du Louvre, érigée au bord de la Seine comme autrefois les pyramides d’Egypte au bord du Nil est l’œuvre dont il s’est dit le plus fier, malgré les vives critiques qu’a reçues le projet à l’époque. Ce n’est pas un secret : l’ancien Président nourrissait une grande passion pour l’Egypte antique. Sa confidente de 12 ans, Marie de Hennezel, psychologue, psychothérapeute, et auteure de Croire aux forces de l'esprit le dépeint ainsi : « Je pense qu’il était très obsédé de laisser une trace. Il était fasciné par la mythologie égyptienne, toutes les mythologies qui montrent que la mort est une transformation l’intéressaient. Je portais à l’époque cette croix, la croix égyptienne. On l’appelle la clé d’Isis. On a beaucoup parlé de ce qu’elle signifiait. Il allait en Egypte régulièrement, car il sentait que ce peuple là, à cette époque là avait perçu une réalité. »

Selon Serge Thibaut, les trois petites pyramides entourant la grande pyramide du Louvre soulèvent des questions. En effet étant dénommées « pyramidions », leur fonction devrait être de coiffer un obélisque : « soit ce n’étaient pas des pyramidions, soit il y avait des obélisques. Or le fait est que le dallage au sol reproduit, en surface plane, des obélisques sous les trois pyramidions. Par ailleurs, les bassins reflètent le cosmos, et indiquent la fécondation par la force céleste du cosmos. Cela évoque à mes yeux Amon-Rê, fécondant par sa semence le cosmos en son entier. » D’après lui l’ouvrage fait écho au temple d’Amon-Rê à Karnak en Egypte, où ne demeurent que trois obélisques surmontés de pyramidions, et dont la configuration générale rappelle étrangement celle du Grand Louvre.

La configuration du musée rappelle également une loge maçonnique : Les pyramidions font écho aux 3 fenêtres grillagées qui éclairent la loge. On retrouve aussi le grand escalier hélicoïdal, qui symbolise le fait de devoir gravir les échelons pour atteindre la sagesse, ou qui nous permet de descendre au centre de la terre. En sous sol, on trouve une pyramide inversée. Sa pointe rencontre le sommet d’une autre sans qu’elles se touchent, comme pour illustrer encore une fois le lien entre ciel et terre…
Pourtant, Mitterrand n’était pas affilié à ceux qu’il surnommait non sans moquerie « frères La gratouille », en référence à leur poignée de main maçonnique caractéristique. Marie de Hennezel explique qu’il était simplement un homme de la terre, connecté aux éléments : « Il se disait un peu druide. Il avait une connaissance intuitive des choses. On lui prête une connaissance intellectuelle, mais il n’a jamais été initié. Je pense toutefois qu’il avait cette initiation en lui, peut-être d’une autre vie… ». Elle ajoute cette anecdote « Dans le Gard j’ai une pierre Celte mais aussi une maison dans laquelle il y a des fenêtres triangulaires avec une étoile… Quand il est arrivé il m’a dit : « mais Marie, vous n’êtes pas Franc-Maçonne ? », j’ai répondu « non ». Il a dit « moi non plus », et a ajouté « vous êtes comme moi, vous avez la connaissance des symboles ». »
L’emplacement de la pyramide a aussi une grande importance, car c’est l’un des seuls éléments sur lequel il avait réellement la main. Serge Thibaut précise l’aspect symbolique de ce choix : « Il est à Paris des axes signifiants, dont le plus connu est l’Axe historique et c’est à partir de leur position sur les axes que les monuments prennent tout leur sens. Notons par exemple que l’Opéra Bastille, le Grand Louvre et la Grande Arche sont alignés sur l’Axe historique, et c’est leur rapport à l’Axe qui me semble fournir la clé de leur sens. Il en va de même pour la Pyramide du Louvre et les colonnes de Buren, situées sur le Méridien, ce qui signifie que le Louvre est à la croisée des deux axes majeurs de la capitale. ». Cette voie royale fut enrichie par Catherine de Médicis, Louis XIV, Napoléon, et achevée par Mitterrand.

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La pyramide inversée, autre symbole à qui sait le voir

L’emplacement de la pyramide a aussi une grande importance

« J’ai eu à la cathédrale de Bourges l’un des coups de foudre de ma vie. ». François Mitterrand vouait une passion non dissimulée à l’architecture religieuse et pour l’atmosphère spirituelle qu’elle dégage : « il percevait l’énergie des lieux. Il allait incognito à Thésée, se mettait sur un petit tabouret au fond de l’église, et me disait « je sens l’énergie. Vous êtes d’accord qu’il y a une énergie incroyable ? », se souvient Marie de Hennezel. Cette forte attirance trouve un écho dans la construction de l’un de ses principaux Grands Travaux: la Bibliothèque Nationale de France. C’est sa plus vaste construction : sur 75 000 m2, avec un bâtiment en sous sol, et un véritable écosystème forestier avec 130 pins. Les 4 tours en forme d’équerre figurent 4 livres ouverts, aux noms sans équivoque : tour des lois, des nombres, des temps et des lettres.
Le choix de ce projet titanesque de l’architecte Dominique Perrault n’est pas anodin « Avec Perrault, nous en avons beaucoup parlé, nous avons voulu reconstituer l’atmosphère de cloître. Naturellement, avec les moyens modernes, et sans vouloir imiter les cloîtres anciens. » Ainsi as-t-il réuni son goût pour le recueillement, son amour du livre et de l’architecture, sans jamais négliger l’aspect énergétique : « il faisait des choses surprenantes pour un président de la république, s’approcher d’une pierre, poser ses mains dessus et rester en silence là. Il me disait : cette pierre c’est de l’énergie, ce sont des atomes qui dansent », confie Marie de Hennezel.

Au delà du choix systématique de constructions simples, géométriques -des pyramides au Louvre, un Hypercube à la Défense, une sphère à la Villette, des colonnes épurées au Palais Royal, des équerres à la BNF- on trouve un autre élément commun aux constructions Mitterrandiennes : une partie souterraine. « Les salles de recherche de la BNF sont sous terre et l’on n’y accède que par de vastes escaliers roulants inquiétants, tout comme l’auditorium central de l’Opéra Bastille ou la Géode sont des salles situées en souterrain. Même les locaux fondamentaux de la Grande Arche sont sous terre ; on y accède par le cratère central au sommet des 54 marches. Quelle que soit donc la construction mitterrandienne, il nous faudra descendre à l’intérieur de la terre, rectifier nos croyances et nos naïvetés, et ainsi comprendre où se situe l’essentiel. », explique Serge Thibaut.
Mitterrand, lors de ses nombreux échanges avec Marie de Hennezel, lui disait qu’« un chef d’état qui n’a pas de profondeur ne peut pas avoir de hauteur ». La psychologue, explique que se dessinait en lui « tout une réflexion politique entre ce qui est non visible et souterrain et ce qui est visible. C’était important pour lui, et même vital de se relier à ses profondeurs. »

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Les colonnes de Buren et leurs 260 cases, un clin d’oeil au calendrier Maya ?

Ainsi, le projet des colonnes de Buren, qui a aussi beaucoup contrarié l’opinion, est constitué de 260 colonnes en marbre rayées de noir de hauteurs variables, disposées sur une sorte de damier. Mais les apparences sont trompeuses : les colonnes font en réalisé toutes la même taille, mais sont plus ou moins enterrées. Le second plateau est parcouru d’une rivière souterraine. On retrouve ce jeu d’opposition apparent/dissimulé, et ce lien entre le souterrain, le ciel et la terre. Certains y ont vu la représentation d’un calendrier Maya, spéculant notamment sur le nombre 260. Serge ajoute que Daniel Buren est de confession judaïque, et qu’il est donc bien plus probable qu’il ait voulu figurer le Temple en ruine : « Cela expliquerait la présence des cours d’eau souterrains évoquant dans ce cas la superposition des deux fleuves de la tradition hébraïque, celui des grâces et des influences célestes, se déversant verticalement sur l’axe du monde et se distribuant selon les quatre directions cardinales sur terre. Cet axe du monde serait matérialisé par « la colonne du puits », seizième colonne de l’ensemble, entièrement souterraine mais non recouverte par le grillage. »

Il faut aller au delà des apparences pour découvrir un message caché

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L’axe historique de Paris, renforcé siècle après siècle par Louis XIV, Napoléon puis Mitterrand

L’un des ouvrages les plus explicites et richement orné de symboles est Le monument des droits de l’homme, situé dans les jardins du Champ de Mars et construit pour le bicentenaire de la Révolution. Si de prime abord, et de part sa fonction le bâtiment paraît austère, il faut aller au delà des apparences pour découvrir un message caché. Sa forme est celle d’un temple antique : les deux colonnes se trouvant à l’entrée sont des répliques de celles du Temple de Salomon, appelées Boas et Jachin, largement reprises dans la tradition maçonnique. Elles ont pour particularité de ne rien porter, si ce n’est symboliquement : la voûte étoilée. Sur les façades de la bâtisse, figurent d’étranges totems : personnages, animaux, formes géométriques… En haut du monument se trouve un lézard, symbole d’éternité, de sagesse, et de bienveillance chez les égyptiens. Au dessus de la porte, on trouve un oculus traversé de la lumière solaire qui éclaire l’intérieur du monument. Il est entouré d’un ouroboros : serpent qui se mord la queue, symbole dans de nombreuses traditions du caractère cyclique du temps, de la vie et de la mort, de Dieu.
Une gigantesque porte en bronze interdit l’entrée du bâtiment au « simple citoyen », étonnant pour un monument qui lui est dédié ? Celle-ci est gravée d’un mélange étonnant de symboles: on retrouve des formules franc-maçonnes, des sphères et des triangles pouvant évoquer des temples, des Dieux égyptiens…
Enfin, sur la face arrière, on découvre 3 œilletons disposés en triangle avec en leur centre, un trou plus large en forme de triangle. Il invite à entrevoir l’invisible : ici, la face cachée de la porte du temple sur laquelle on découvre un médaillon figurant une poignée de mains, une corne d’abondance et un caducée : des symboles qui confirment le caractère maçonnique de l’édifice. La signature si chère au président est également là: le monument se trouve à nouveau sur les deux axes parisiens… Tout comme les grands bâtisseurs, peut-on supposer que François Mitterrand a voulu placer l’homme au cœur du divin, et reconnaît leur immortalité ?...

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Construit à l'occasion du bicentenaire de la Révolution, le Monument des Droits de l'homme nous invite mystérieusement à entrevoir l’éternité de l’homme

Tandis qu’on prête de multiples intentions à celui que des humoristes de l’époque surnommaient « Dieu », il faut considérer que si les grands travaux ont été initiés par Mitterrand, cela n’implique aucunement qu’il ait pu décider de leur forme ni de leur symbolique. Comme il l’a lui-même expliqué « l’ensemble des grands projets relève de choix des jurys nationaux et internationaux ». L’opéra Bastille, par exemple, n’avait pas du tout les faveurs du Président. Dans un entretien avec Bernard Pivot, en avril 1995, il put affirmer qu’il eût préféré qu’un autre projet vît le jour, au moins pour la façade extérieure.
Enfin, les réalisations de François Mitterrand sont certainement indissociables d’une question qui l’a habité de manière croissante les dernières années de sa vie : celle de l’au-delà. L’année du lancement des grands travaux, en 1981, les médecins pronostiquent un cancer de la prostate et ne lui donnent plus que quelques mois à vivre. Jacques Attali dans son ouvrage C’était François Mitterrand (Ed. Fayard), raconte : « Quand je lui demandais s’il croyait en l’existence de Dieu, il me répondait qu’il admettait l’idée d’un principe ordonnant toute chose, sans pour autant croire en une religion particulière ni verser dans le mysticisme. »

Je crois aux forces de l'esprit et je ne vous quitterai pas

Quoi de mieux que l’architecture, pour raconter un lien entre le ciel et la terre, et en entrant dans l’histoire, défier un peu la mort? Pour Serge Thibaut, « L’architecture narre, par excellence, l’intrigue du rapport entre notre monde et le cosmos, celle qui modélise les liens entre la Terre et le vaste univers. Les Grands Travaux sont sans doute une manière de matérialiser ce lien, c’est-à-dire de situer la Terre dans un ensemble global. » La meilleure illustration de ce lien est sans doute le toit de la grande arche de la défense, une gigantesque plaque de marbre et de granite de 4500 mètres de surface, intitulée « La carte du ciel ». Elle représente un zodiaque tourné vers l’infini qui semble, plutôt que d’apporter des réponses, poser des questions au vaste univers. Son architecte, Jean-Pierre Raynaud, confirme d’ailleurs : « c’était tentant pour moi de communiquer avec le ciel, et quelle fenêtre faire sur le ciel que d’inscrire la carte du ciel. »

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Le dernier adieu de Mitterrand : une barque solaire en symbole au passage vers la mort

Enfin, en 1993 une œuvre bien moins monumentale mais tout autant intrigante fut commandée par le ministère de la culture. Si vous passez par les châteaux de Rambouillet, ne manquez pas de faire un détour par la sculpture de Karel Zlin, qui représente un homme nu sur une barque solaire, scrutant l’horizon. Vous constaterez que cet homme ressemble très étrangement à François Mitterrand. Une Omerta plane autour de cette statue, aucune documentation officielle sur Internet, très peu de photos, et des spécialistes qui refusent tout décryptage… La barque solaire symbolise le passage vers la mort. Peut-on y deviner un au revoir, de mise à nu avant ses adieux formels, par ses vœux adressés aux Français le 31 décembre 1994 ? « L'an prochain, ce sera mon successeur qui vous exprimera ses vœux. Là où je serai, je l'écouterai le cœur plein de reconnaissance pour le peuple français (...) Je crois aux forces de l'esprit et je ne vous quitterai pas. »


Extrait de Croire aux forces de l’esprit


Echange entre Marie de Hennezel et François Mitterrand

- Vous m’avez dit, l’autre jour, que vous étiez condamné par la médecine, ne pensez-vous pas que mon rêve semble suggérer que je peux vous aider à vivre, à garder votre énergie le temps d’une traversée, du moins ? Mais c’est dans les profondeurs de votre être que cela se passe. Pas au grand jour !

- Ah, je vois, vous allez m’emmener sur les chemins de l’irrationnel, mais figurez-vous que cela ne me déplaît pas du tout. Je suis fondamentalement un homme de la terre, et je sens et sais au fond de moi que bien des choses qui ne s’expliquent pas viennent de ce pont que certains savent faire entre leur corps et leur esprit. »


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