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PUBLIÉ LE 19/07/2019
  • Julie Klotz
    Auteur

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Omraam Mikhaël Aïvanhov : illuminer la matière

Icône du sage spirituel à barbe blanche, ce grand maître d’origine bulgare qu’était Omraam Mikhaël Aïvanhov nous a transmis un gigantesque enseignement. Entre héritage des Évangiles, spiritualité du quotidien ou compréhension de l’amour universel, il inspire encore aujourd’hui par sa simplicité et sa justesse. Découverte d’un maître à l’occidentale.

« Il m’introduit dans un petit salon et, d’un geste courtois, m’invite à m’asseoir puis à méditer. Cette conversation silencieuse est bien étrange, me dis-je, tout en notant qu’elle a bien lieu. On dirait que dans cet état de conscience, nous nous transmettons sans mot dire notre réalité du moment. […] Alors qu’il entreprend de m’expliquer l’essence de son enseignement, je l’écoute poliment mais n’entends rien, trop absorbée par la sensation qui me gagne. Je me sens enveloppée d’un flux de pure beauté. Aimée, sans savoir ni comment ni pourquoi. Tandis que ces pensées m’envahissent, je me rends compte soudain qu’au-delà des mots qu’il prononce, j’entends le sens de ce qu’il me dit. L’expérience télépathique se poursuit bizarrement dans l’échange verbal », raconte la philosophe Arouna Lipschitz, qui révèle aujourd’hui, trente-quatre ans après cette rencontre à Sèvres, le nom de son interlocuteur. Le maître O. mentionné dans ses livres Dis-moi si je m’approche et L’un n’empêche pas l’autre (éd. Souffle d’or, 2003), n’est autre qu’Omraam Mikhaël Aïvanhov (1900-1986).

L’homme, d’origine bulgare, enseignait à cette époque à Sèvres et à Fréjus, aux centres de la Fraternité Blanche universelle, association qu’il avait fondée en 1947. Ce nom, traduit de sa langue maternelle, lui a été inspiré par Peter Deunov, son propre maître, né à la fin du XIXe siècle en Bulgarie, et qui l’avait envoyé en France en 1937. Par « Fraternité Blanche », entendez plutôt « fraternité d’hommes en lien avec de grands prophètes, initiés et autres êtres éclairés, dont l’histoire a retenu les noms de Bouddha, Jésus... », le blanc renvoyant symboliquement à la lumière. Cette association culturelle s’attache à transmettre l’enseignement d’Omraam Mikhaël Aïvanhov. Elle a été épinglée dans le rapport sur les mouvements sectaires de 1995 (sans qu’aucune raison ne soit apportée) et l’homme a été, en 1948, au centre d’un scandale l’amenant à passer deux ans en prison. Il est difficile de savoir s’il a été coupable de quelque chose, ou la victime d’un complot, comme il l’a toujours affirmé, mais il est réhabilité le 28 septembre 1960 par la cour d’appel d’Aix-en- Provence. L’écrivain et traducteur Olivier Clerc rappelle également : « Il faut juger l’arbre à ses fruits. » Malgré tout, on constate que de nombreux grands noms s’inspirent de sa pensée, tous séduits par sa force et son intelligence.

Pendant cinquante ans, Aïvanhov a donné plus de 4 500 conférences, d’abord en France puis aux États-Unis, en Inde et dans bien d’autres pays du monde. Arouna Lipschitz a eu la chance de recevoir directement son enseignement quelques années avant son décès en 1986. Elle découvre alors auprès de lui ce qu’est la dimension initiatique dans la spiritualité, sa démarche visant à mieux s’accomplir sur Terre comme être humain : « Mon enseignement est celui du triangle vers le bas. Vous devez comprendre qu’aujourd’hui, il faut une évolution spirituelle involutive, une descente. C’est la matière, à commencer par notre corps, qui doit être illuminée aujourd’hui. L’esprit est assez lumineux en lui-même, vous ne pensez pas ? » Elle a très vite été touchée par la notion de conscience fraternelle comme enjeu même de la spiritualité. Alors qu’elle venait de prendre la robe orange de Swami en Inde, ce maître lui dit qu’il n’était pas nécessaire d’aller chercher ailleurs ce que nous avons ici : « Quand on est né en Occident, dans un pays de tradition chrétienne, ce n’est peut-être pas un hasard, il y a une raison. »


Les Évangiles comme référence


C’est dans la relation à l’autre, dans l’amour, qu’Aïvanhov invite à incarner une spiritualité bien vivante. « On est un peu aux antipodes des spiritualités orientales tournées vers la réalisation du Soi, sans passer par l’autre », explique Arouna Lipschitz. Elle voit dans son enseignement une passerelle entre les traditions juive et chrétienne, car il était à la fois un grand kabbaliste et un amoureux des Évangiles auxquels il faisait souvent référence dans ses conférences, retranscrites dans plus d’une centaine d’ouvrages(1). Comme Jésus, il insiste sur l’amour et l’échange : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » Comment amener une dimension d’amour pur dans la relation ? Comment apprendre à donner et à recevoir ? Comment devenir de vrais amoureux ? Comment cocréer notre destin, celui du monde et de l’humanité ? « Le test de toute spiritualité se fait dans la relation. Là est le vrai sens de l’incarnation. Si on ne se confronte pas à l’autre, on vit alors une spiritualité détachée de la réalité », insiste Arouna Lipschitz.

Chez Aïvanhov, le lien est partout : entre soi et l’autre, mais aussi dans la nature visible et invisible. Olivier Clerc explique être très touché par ces liens subtils : «Avec ce maître, j’ai eu l’impression de suivre un cours accéléré d’alphabétisation symbolique. J’ai découvert ce lien, cette unité, cette cohésion totale entre toutes choses, entre l’être humain et l’univers, le microcosme et le macrocosme. Je trouve ça d’autant plus génial qu’on peut communiquer facilement cette “intelligence du monde” aux enfants. Il y a quelque chose de rare chez Aïvanhov, c’est sa simplicité ! » À travers des analogies, il se réfère aux grandes lois à l’oeuvre dans l’univers(2) : « Quel est l’alpiniste qui pourrait faire l’ascension d’une montagne s’il avait devant lui des parois parfaitement lisses ? [...] C’est grâce aux aspérités (obstacles, épreuves, hostilités) auxquelles on s’accroche qu’on parvient à s’élever… » Il montre que tout a une juste place et une utilité. Aussi, il se plaît à « spiritualiser » les actes de la vie quotidienne, comme se laver, cuisiner, manger, marcher... et même respirer. Par exemple, prendre sa douche en posant cette intention « Que cette eau me libère de toutes les impuretés » change tout, explique Frédérique Sicard, qui a construit sa méthode thérapeutique et énergétique en partie autour de l’enseignement d’Aïvanhov. Mais attention, insiste-t-elle, encore faut-il pratiquer pour en voir les effets !


La puissance de la pensée


Dans sa compréhension des lois de l’univers, Aïvanhov considère la puissance de la pensée(3) : « Toutes les pensées, les plus faibles et les plus insignifiantes soient-elles, sont une réalité [...] Évidemment, dans le plan physique, la pensée reste invisible et insaisissable mais elle est réelle et, dans sa région, avec les matériaux subtils dont elle est faite, c’est une créature vivante et même agissante. L’ignorance de cette vérité est la cause de beaucoup de malheurs. Les humains ne voient pas, ne sentent pas que la pensée travaille, qu’elle construit, ou bien qu’elle déchire et démolit. »

C'est dans la relation à l'autre, dans l’amour, qu'Aïvanhov invite à incarner une spiritualité bien vivante.

Hubert Mansion, ex-avocat international, également auteur et conférencier, considère Aïvanhov comme le plus grand maître du XXe siècle. Enthousiaste, il précise : «Quand on parle de pollution, on se réfère sans cesse à l’extérieur, alors que la véritable pollution est avant tout intérieure ! » Pour le philosophe, il est à la fois important d’apprendre à contrôler ses pensées et à les mettre en harmonie avec soi-même, mais aussi de savoir raisonner juste et bien utiliser son mental. La vie intérieure obéit à la loi de l’affinité, explique-t-il : « Commencez par purifier et éclairer vos sentiments et vos pensées, sans vous demander sous quelle forme viendra l’aide que vous avez demandée.(4) » D’une manière générale, Aïvanhov encourage à se fixer un haut idéal, à l’image de Jésus qui disait : « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice et tout le reste vous sera donné par surcroît. » Moins on s’attache à ce qui est vulnérable, meilleurs seront les fruits récoltés. Aussi, le maître invente la « galvanoplastie spirituelle » pour inciter les femmes enceintes à être particulièrement attentives à leurs pensées.

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