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© Anelia Madjarova
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PUBLIÉ LE 28/04/2020

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Inexploré n°46

Entre Terre et Ciel, connectez vos énergies

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Se nourrir aujourd'hui

Joël Acremant
Novalis Montesson
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Questions de force et de mouvements

D’où vient ce concept de biodynamisme instauré par Rudolf Steiner et quel regard apporte-t-il sur notre alimentation ?

Notre alimentation nous procure-t-elle de la masse ou du dynamisme ? » , nous interpelle Joël Acremant, cuisinier et formateur, passionné par l’alimentation saine. Cette notion de « dynamisme » se trouve au coeur de la culture « biodynamique » développée par Rudolf Steiner. « Il s’agit de rompre l’isolement purement terrestre dans lequel a été placée la connaissance du végétal et de réintroduire les forces cosmiques dans les processus de croissance », écrivait-il dans la préface de son fameux Cours aux agriculteurs. Pour le père de l’anthroposophie, la nutrition consisterait davantage en « activités » qu’en « substances », et aurait pour objectif principal d’activer la « mobilité intérieure » de l’humain vers le déploiement de son individualité. « Ce qui distingue un bon aliment d’un aliment inférieur, c’est qu’il rayonne de forces, précise Joël Acremant. La biodynamie permet de produire les aliments les plus vivants qui soient, capables d’insuffler une impulsion fructueuse en l’humain. » À ce titre, les préconisations diététiques de Steiner font tomber bien des idées reçues. Point de dogme ! Les aliments cuits et crus seraient tous deux intéressants, les premiers stimulant les forces internes de notre organisme, les seconds les forces externes qui nous orientent vers l’extérieur. De même, le lait, à la différence de certains aliments comme la viande qui manifestent une sorte de fixité, serait particulièrement utile pour soutenir les métamorphoses et les transitions de nos vies. Pas étonnant que les bébés et les personnes âgées l’affectionnent et que sa blancheur se retrouve dans les cocons ou la Voie lactée ! Enfin, le (bon) pain serait l’aliment du Moi. Comme l’explique le naturopathe Daniel Kieffer : « Il se souvient de la terre, de l’air, de l’eau et du feu et est chargé de la “quinte-essence”, le travail et l’amour du boulanger, qui en font un aliment tout à fait adapté à notre humanité ! » L’alimentation du ventre pourrait donc stimuler le dynamisme nécessaire à notre épanouissement, en venant nourrir notamment nos trois centres d’intelligence. « L’homme est comme une plante inversée, reprend Joël Acremant. Les racines des végétaux vont davantage nourrir les forces de la tête, les fruits le métabolisme vital, et les feuilles les zones du coeur. » Mais pour révéler nos plus belles potentialités, elle ne serait pas suffisante et se devrait d’être accompagnée par un appétit pour d’autres types de nourriture comme l’art, la musique, la relation, la spiritualité, etc., qui procurent sensibilité et clarté de pensée. Cette « diététique globale » nous permettrait de devenir de meilleurs récepteurs des forces qui nous entourent, toujours en mouvement. « La “dynamique” est un mot magique. Il est important de ne pas nous figer dans des règles et des régimes stricts, mais de respecter nos besoins, nos tempéraments et le mouvement de la Vie, sans quoi elle perd son caractère vivant ! »


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