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PUBLIÉ LE 25/03/2019
  • Catherine Maillard
    Auteur

A RETROUVER DANS

Inexploré n°42

Le corps, une voie spirituelle pour libérer nos mémoires et révéler notre potentiel

LE LIVRE À LIRE

Encyclopédie pratique du TAO

Serge Augier
Flammarion
Magazine » Enquêtes

Les reins : siège de la mémoire ancestrale

En médecine traditionnelle chinoise, c’est dans les reins que se situe le jing, l’essence vitale héritée de notre famille, mais aussi la mémoire émotionnelle et les capacités de notre corps. Ce savoir est l’occasion de décoder notre potentiel mais aussi de préserver notre santé pour l’avenir.

Pour la médecine traditionnelle chinoise, la psyché et le corps ne sont pas séparés ; ainsi à chaque organe est associé une fonction, une émotion et un élément. « C’est dans les reins que réside la mémoire de notre corps, tout comme l’énergie originelle transmise par nos parents, nos ancêtres » , rappelle le Dr Liliane Papin, praticienne de médecine énergétique chinoise. Selon la grille de lecture énergétique chinoise, ils « stockent » toute la dimension somatique de notre histoire, comme la peur et l’angoisse, liées à des événements traumatiques par exemple,. Mais plus encore, « les reins sont également dépositaire de notre énergie jing, un terme que l’on traduit par essence, l’équivalent de notre ADN » , ajoute Serge Augier, héritier d’une tradition taoïste millénaire.

Notre empreinte génétique

Nous sommes tous dotés d’une empreinte génétique, ou ADN ; cette énergie prénatale, que la médecine chinoise traduit par essence et qu’elle situe dans les reins. « Là se trouve notre héritage, de la couleur de nos yeux à celle de notre peau, de notre constitution à notre force vitale et notre résistance physique » , explique Liliane Papin. L’historique familial et culturel est également contenu dans le jing et joue un grand rôle dans sa qualité. Dans la pratique de cette médecine, Liliane Papin en tient compte : « Il est utile par conséquent d’en apprendre le plus possible sur nos ancêtres, les circonstances entourant notre naissance, et même de la conception. » Ces différentes informations constituent une base précieuse pour évaluer, de manière réaliste, notre constitution et pointer les éléments qui méritent notre attention en termes de prévention ou de guérison. En effet, si le concept de jing contient notre héritage génétique, en ce qui concerne les maladies néanmoins il faut être conscient que cet héritage n’est pas le seul principe agissant dans notre destinée. Le diabète par exemple, en recrudescence dans de nombreux pays, est considéré comme ayant une origine génétique. Cependant, il est bien évident que d’autres facteurs comme le mode de vie et l’alimentation jouent un rôle prépondérant dans son apparition chez un individu. D’après Liliane Papin : « Dans la tradition chinoise, on peut se poser la question du premier message héréditaire ? Qu’est-ce qui a fait muter le gène au début de la chaîne ? Qui a été le premier ancêtre avec une maladie “génétique”, comment et pourquoi ce gène est-il apparu ? Ne peut-on pas le faire muter dans l’autre sens et recouvrer la santé ? » Serge Augier la rejoint sur ce point : « la gestion de notre jing et énergie prénatale joue un rôle essentiel dans le développement ou pas de la maladie… »

L’élément « eau » des reins et la mémoire cellulaire

« D’après la roue des 5 éléments de la tradition chinoise, les reins sont associés à l’eau, qui se retrouve dans chacune de nos cellules, leur fournissant les fluides et l’hydratation nécessaire à leur fonctionnement, englobant le sang et la lymphe », rappelle Liliane Papin. Ainsi, notre corps, tout comme nos cellules, sont majoritairement composés d’eau, à environ 75%. Un détail qui n’en est pas un au regard des récentes études et recherches sur la mémoire de l’eau, venant éclairer les relations entre les reins, l’eau, et la mémoire. Ainsi cette tradition ancestrale, trouve aujourd’hui une résonance auprès de chercheurs émérites, dont Masaru Emoto (1943/2014), qui a démontré comment l’eau mémorisait nos intentions, en photographiant les cristaux exposés à nos pensées. De son côté, Luc Montagnier, biologiste virologue, a émis l’hypothèse que l’ADN induirait des nanostructures dans l’eau, émettant des ondes électromagnétiques de basse fréquence dans l’eau… Enfin, Myriam Brousse, psychothérapeute, a consacré sa vie aux recherches sur la mémoire cellulaire, et les infinies possibilités de guérison qui en découlent… Autant de pistes qui ouvrent un champ de questionnements sur l’élément eau, sa symbolique, cette énergie insaisissable et mystérieuse dont nous n’avons pas fini de sonder les secrets. « De l’océan, source de vie, nous gardons l’empreinte avec le goût salé de notre sang, de notre sueur, et de nos larmes » , s’émeut Liliane Papin. L’eau véhicule de nos mémoires ancestrales, notre patrimoine, notre bagage, une invitation à méditer sur l’écologie de notre corps, en relation avec celle de notre planète. De quoi sommes-nous les dépositaires, de quelles mémoires ?

À l’énergie de l’eau est associée l’équilibre émotionnel des reins. « La peur est l’émotion négative qui épuise les reins, ce qui peut expliquer pourquoi les événements traumatiques y sont stockés, et transmis aux générations suivantes » , ajoute Serge Augier. Celles qui « vident » les reins sont souvent profondes et inconscientes, qu’elles soient liées à l’histoire personnelle, au contexte culturel, ou de nature archaïque : peurs financières, de la solitude, des agressions, de la maladie, de la mort. Elles doivent être abordées avec bienveillance et patience : « La peur restée gravée dans notre mémoire, s’accompagne le plus souvent d’un affaiblissement du feu, avec un manque d’enthousiasme chronique » , a pu observer Liliane Papin. Toute mémoire traumatique inconsciente va avoir pour effet d’affaiblir la personne, qui peut se sentir sujette à de grandes fatigues, ou à une frilosité extrême, sans raisons organiques apparentes, ni changement de température extérieure notable. Les termes modernes parlent d’épuisement des surrénales et de burn-out… Son diagnostic : « Lorsqu’on sent s’installer ce froid profond, il est temps de réchauffer notre énergie eau, et solliciter notre arbre intérieur que la médecine chinoise associe au foie et au printemps, et son élan vers la lumière. » Ces manifestations signalent aussi un blocage de la circulation de l’énergie vitale ou QI. Pour y remédier, la médecine énergétique chinoise va chercher à rétablir une bonne circulation de l’énergie du rein, affectée par cet événement, grâce à l’acupuncture, aux plantes réchauffantes comme la cannelle, à l’alimentation, ou à des exercices de réchauffement des reins et de leurs méridiens.

Notre mandat céleste, nos mémoires transgénérationnelles

« Revenons au jing, notre essence qui est stockée et préservée dans les reins, encore nommés les racines du ciel antérieurs, transmis par nos parents » , propose Serge Augier. Pour mieux comprendre cette notion, il suffit de se référer à l’idéogramme qui représente le jing: une plante qui pousse aux racines cachées. Serge Augier nous donne son éclairage : « Notre essence, notre mandat se révèle, au cours du périple de notre vie. Il nous faut plonger dans nos racines, là où sont logés tous les indices, les informations, pour réaliser le potentiel inscrit dans nos cellules, un bagage, dont la mémoire réside dans nos reins » . Ainsi, les reins abriteraient les mémoires de ce que nous avons vécu, tous nos chocs émotionnels, mais aussi notre passé transgénérationnel. « Il en va de notre responsabilité de trouver ce qui doit être réglé, de nettoyer notre bagage karmique… c’est une manière très polie de vivre sa vie et de découvrir son mandat céleste » , recommande notre expert. Dans la vision taoïste, il existe des pratiques pour reconstruire le jing et éliminer des traumas. Certaines ésotériques, d’autres concernant l’esprit ou le corps… à savoir la magie, la méditation, les pratiques de souffle, l’alchimie interne, ou la gym de santé. « Toutefois, il s’agit d’un engagement sur le long terme, en se montrant assidu, 6 à 8 années sont souvent nécessaires, selon des cycles établis de transformation » , précise Serge Augier. Tout comme les nappes aquifères de notre planète, celles de notre corps se remplissent grâce à des pluies régulières et il nous échoie d’apprendre comment les gérer et ne pas les épuiser.

Livres connexes
Encyclopédie pratique du Tao, Serge Augier, Éd. Flammarion.
Les trésors de la médecine chinoise pour le monde d’aujourd’hui, Liliane Papin et Ke Wen. Éd. Le Courrier du Livre.


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