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© ELENA SCHWEITZER
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PUBLIÉ LE 14/02/2020

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Un savoir universel qui devient matière

L’akasha, dont est issu le concept de mémoires akashiques, vient d’un terme sanskrit millénaire qui désigne le cinquième élément. Se pourraitil qu’un « champ » universel et impalpable contienne toute la mémoire et le savoir ? Pourrions-nous y avoir accès ? Quelques chercheurs ont exploré ces possibilités.

Les Grecs empruntaient la parabole du fleuve Léthée, dont toute âme boirait l’eau avant de s’incarner, provoquant un oubli de son savoir et permettant son incarnation dans une nouvelle vie de manière équitable. Autant l’oubli semble universel et humain, autant la connaissance pourrait se trouver quelque part, comme stockée sur un réseau Internet du cosmos, un Wikipédia immense qui aurait en mémoire chaque vie, chaque incarnation depuis la nuit des temps, ainsi que la genèse de toute chose. Platon décrivait un royaume des formes et des idées, véritable siège de l’âme, qui comporterait tout le savoir. Un siècle avant Pythagore, les Grecs appelaient Kosmos, l’éther, le cinquième élément, cet « espace du savoir ». Plotin le décrivait comme « l’Un », issu du principe créateur du cosmos, qui aurait donné naissance à la matière ; le sansforme (le Verbe ?) qui aurait créé la forme. Chez le Chinois Lao Tseu, c’est le tao qui n’a ni forme, ni temps, ni espace. En Inde, l’un des berceaux spirituels du monde, on retrouve ce concept d’un savoir lumineux universel dans l’akasha, ou éther. Tous ces concepts se rejoignent sur l’idée qu’un élément impalpable, sous forme de connaissance, de savoir, pourrait prendre forme dans la matière dont nous sommes constitués. Sommes-nous des particules de savoir ? Dans ce cas, avons-nous accès, d’une manière ou d’une autre, à une possibilité de conscientiser ces connaissances et, de ce fait, moduler notre vie ?


Le cinquième élément


En sanskrit, le terme akasha signifie l’éther, le cinquième élément, qui permet la manifestation des quatre autres : la terre, le feu, l’eau et l’air. Les enseignements du Samkhya Karika de l’Inde, remontant au début de notre ère, ont été donnés par des rishis, d’antiques sages visionnaires qui « entendaient » les enseignements émanant de l’au-delà, afin d’expliquer de quoi et comment est fait notre monde. D’après eux, l’akasha est l’espace, la disponibilité pour que quelque chose advienne. « Pour que la matière prenne forme, il faut les quatre éléments, mais aussi un espace, qui n’est pas un vide, mais qui est fertile. Sinon, rien ne peut advenir. L’akasha, c’est finalement aussi bien l’espace cosmique qui accueille les galaxies que l’espace entre les éléments de l’atome », raconte Joachim Vallet, enseignant de yoga et du Samkhya Karika. Alors l’akasha serait partout : entre les planètes de l’Univers, mais aussi à l’intérieur des atomes et entre les atomes qui font la matière : c’est le vide quantique. Cela nous constituerait également, puisque nous sommes faits des quatre éléments, d’atomes et donc de ce cinquième élément.

Ce vide quantique contiendrait alors la mémoire de ce qui advient et de ce qui est constitué. « Nos mémoires sont là, dans cet espace de notre matière corporelle et elles sont de ce fait accessibles. Il est théoriquement possible de voyager n’importe où, à l’écoute de n’importe quelle mémoire du monde. À partir de moi, de la matière de mon corps, en tournant l’organe mental vers l’intérieur, c’est parti vers n’importe où ! », s’amuse Joachim Vallet. Il suffirait donc de suivre cette trame qui se déploie là où il y a de l’espace dans le cosmos et à l’intérieur de la matière. Joachim Vallet précise : « Penser, que ce soit dans le niveau de conscience du rêve ou de la veille, c’est volontairement ou involontairement un voyage dans les mémoires, il ne peut en être autrement. La pensée est voyage, elle est imaginaire. » Pour ce spécialiste, le terme même de « mémoires akashiques » est un pléonasme et un néologisme : cet akasha constitutif crée l’ego, et donc nos conditionnements et notre manque de liberté en quelque sorte, mais aussi nos meilleurs réflexes de survie. De là à imaginer que visiter ces mémoires nous libérerait, il n’y a qu’un pas.


Le voyage dans la mémoire du temps


Ce n’est pas le voyageur astral Daniel Meurois, médium et spécialiste de ce qu’il nomme les annales akashiques, qui dirait le contraire. Habitué à visiter les mémoires du temps, lui aussi rappelle leurs origines conceptualisées dans l’Inde antique. Akasha qui selon lui veut dire « ciel lumineux » ou « la lumière immanente imprégnant les mondes », est le quatrième état de la matière – après les états liquide, solide et gazeux. « À partir du moment où on accepte le principe selon lequel la matière tire en grande partie son origine de l’akasha, il devient alors facile d’admettre que tout ce qui existe dans notre Univers soit une mémoire », analyse Daniel Meurois, qui relève l’importance de la notion de mémoire des objets (comme l’eau...). Toutes nos vies, tous les événements auraient pour support de mémoire l’akasha. Pour lui, cette dernière serait « une matière intelligente constituant globalement une sorte de plaque sensible de l’Univers, une substance tellement subtile et omniprésente que tout ce qui “advient” quelque part, en n’importe quel endroit de ce qui existe, s’y imprègne automatiquement ».

Mais serait-il possible, ainsi, d’aller visiter le temps et de rapporter de manière consciente des pans historiques qui nous seraient arrivés, à nous ou à autrui, dans ce que l’on appelle les vies antérieures ? Pour Daniel Meurois, c’est un « phénomène basé sur la projection de la conscience hors de son vêtement de chair », totalement possible, mais seulement si l’on parvient à se mettre dans un état modifié de conscience, à condition que notre âme soit prête et que nous ayons la maturité nécessaire pour en mesurer l’éthique. De façon concrète, le phénomène se produirait ainsi : « Les annales se composent d’un nombre incalculable de strates et l’exercice de leur lecture revient à essayer de se syntoniser avec la fréquence vibratoire de l’une d’elles afin d’en extraire les informations. » À la manière d’un film que l’on regarderait, nous pourrions faire défiler les mémoires du temps, observer et même ressentir les scènes, sans pour autant agir dessus. En effet, ces événements passés ne sont pas modifiables, mais consultables. Ils seraient autant de films subjectifs réalisés par l’essence de notre conscience supérieure, c’est-à-dire le karma.


Une possibilité scientifique ?


Le philosophe des sciences Ervin Laszlo, auteur de nombreux ouvrages de référence dans le domaine de la recherche sur les liens entre les avancées scientifiques et les réflexions sur l’évolution de la pensée, a déterminé ce qu’il nomme le « champ akashique », ou le « champ A ».

L’akasha c’est l’espace, la disponibilité pour que quelque chose advienne.

Dans son livre, Science et champ akashique, il examine les dernières avancées scientifiques au regard de sa théorie d’un tout constitutif de l’Univers. Il s’appuie sur l’hypothèse d’un méta-univers dont l’empreinte akashique informerait notre Univers et expliquerait son incroyable cohérence. On retrouve cette corrélation quantique en biologie – la fameuse intrication quantique –, le comportement des quanta rappelant celui des cellules et des organes d’un organisme vivant. En quelque sorte, ces éléments coréagissent, se transmettent de l’information sans être apparemment en contact, et organisent le vivant de manière parfaite et coordonnée. C’est aussi la corrélation quantique que l’on retrouve dans la théorie de l’intrication, la syntonisation avec l’environnement d’un organisme ou d’un quanta.

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