Article


© D.R
+ Déjà dans mes favoris
+ Ajouter aux favoris

PUBLIÉ LE 20/11/2017

A RETROUVER DANS

Inexploré Hors-Série n°6

Guérir : Trouver sa voie,
40 techniques naturelles et holistiques !
Magazine » Enquêtes

Shiatsu : Aux confluences de l'énergétique & du massage

En japonais, shiatsu signifie « pression des doigts ». Combinant stimulation énergétique et bienfaits du massage, cette technique est la deuxième médecine officielle du Japon.

Bienvenue, vous êtes au bon endroit. » Cécile Gamard exerce au coeur de Paris, à deux pas du canal Saint-Martin. Formée à l’École de shiatsu do, elle officie comme spécialiste shiatsu depuis cinq ans.

À l’issue d’un entretien préliminaire destiné à cerner la personne, son histoire médicale, son style de vie et ses besoins, elle demande de s’allonger. Pudiques bienvenus : le shiatsu se pratique habillé. Puis ses mains se déplacent, précises, sur l’ensemble du corps, dans une sorte de chorégraphie martiale à la fois souple et maîtrisée. Elle étire, elle appuie. Plus ou moins fort, selon son ressenti. Avec les pouces, la paume, le coude, attentive aux informations qu’elle perçoit sous ses doigts : une zone tendue où l’énergie est bloquée, une autre qui en manque et où il faut en ramener… « Un bon shiatsushi doit habiter ses mains », affirme-telle. Ressentir « le chaud, le froid, le sec, l’humide, le dur, le mou », des vibrations, des pulsations, « le mouvement interne de l’être », son confort relatif face à certains gestes…


Faire circuler l’énergie



Reconnu « médecine non conventionnelle digne d’intérêt » par le Parlement européen en 1997, cité en 2012 dans une note du Conseil d’analyse stratégique qui recommande la labellisation des médecines complémentaires, le shiatsu est né officiellement au Japon en 1955, à l’initiative d’un homme nommé Namikoshi.

« Il s’est intéressé aux massages traditionnels japonais, nommés anmas, eux-mêmes influencés par la tradition chinoise, le shintoïsme et le zen », indique Jacques Laurent, fondateur de l’École de shiatsu do et secrétaire général du Syndicat professionnel de shiatsu (SPS). Dans les années 1920, Namikoshi étudia l’anatomie et la physiologie aux États-Unis. Il fréquenta les milieux où était en train d’éclore l’ostéopathie. Faisant le lien entre la tradition orientale et les apports occidentaux, il travailla par exemple sur les « zones de Head », qui mettent en correspondance des organes et des zones de la peau. De ces confluences, il conçut une série d’enchaînements qui quadrillent le corps par pression successive de six cents tsubos, des centres énergétiques répartis en lignes.

Le toucher nourrit une dimension psychoaffective primordiale.

On dit souvent du shiatsu qu’il est une sorte d’acupuncture sans aiguilles. Ce n’est pas tout à fait exact. Originellement, s’il a bien pour objectif de débloquer et de favoriser dans le corps la circulation d’une énergie « qui vient du cosmos et se transmet par différents canaux », afin de rétablir chez la personne un équilibre « physique et psychique », les points qu’il stimule ne correspondent pas forcément à ceux de la médecine traditionnelle chinoise.


Parce qu’il utilise les doigts, il reste aussi davantage à la surface du corps, mais offre tous les bénéfices du massage. « Le toucher nourrit une dimension psychoaffective primordiale, souligne Cécile Gamard. En appuyant sur un point, on stimule non seulement une énergie, mais des endorphines, aux vertus calmantes. » Namikoshi aimait à rappeler que le shiatsu travaille sur le système nerveux autonome.

« On utilise par exemple beaucoup de pressions sur le dos, où se trouvent les chaînes ganglionnaires du système sympathique, qui aident le corps à se réguler », note Jacques Laurent. Quant aux méridiens tendino-musculaires, également stimulés par le shiatsu, « ils véhiculent une énergie de défense, qui nous permet de lutter contre les pathologies », poursuit le spécialiste.


Ancrer le corps



En principe, les six cents tsubos sont visités à chaque séance. « C’est la globalité qui fait l’efficacité, rappelle Jacques Laurent. Aucun morceau du corps n’est indépendant d’un autre. » Ce qui n’empêche pas, au besoin, de consacrer une attention particulière à certains points. « Si les gens viennent pour une tendinite ou une sciatique, il sera important de masser la partie concernée, mais aussi d’autres zones, confirme Cécile Gamard.

S’il y a une grosse tension quelque part, on commencera par détendre le reste du corps, avant de se consacrer à elle. »
D’expérience, elle constate par exemple des noeuds fréquents au niveau des clavicules, « qui compressent la cage thoracique, enferment les émotions et nuisent à l’oxygénation, donc impactent tout autant le fonctionnement physiologique de l’être que son ouverture au monde et sa confiance en soi », rappelle-t-elle.

De plus en plus, le shiatsu entre à l’hôpital et intéresse les médecins. En France, une trentaine d’écoles sont habilitées par le SPS pour délivrer le titre de « spécialiste en shiatsu » du RNCP. « Un bon spécialiste devra bénéficier d’au moins trois ans de formation, pratique et théorique, ainsi que de connaissances de base en anatomie et en physiologie », indique Jacques Laurent. Savoir établir un bilan énergétique, choisir une stratégie d’intervention appropriée, mettre en pratique les techniques, maîtriser l’énergie… et disposer d’indispensables qualités de coeur. « Qu’on me consulte pour un trouble physique ou pour des problèmes de stress ou d’insomnie, mon but est d’amener la personne à prendre conscience de son tonus musculaire, à relâcher et à mieux répartir son énergie, conclut Cécile Gamard. En ramenant les gens dans leur corps, leur alignement et leur ancrage, mon but est de les aider à se réapproprier leurs ressentis et à devenir plus acteurs de leur vie. »


Et si on testait ?



Syndicat professionnel de shiatsu

L’Institut français de shiatsu


NOS SUGGESTIONSArticles