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PUBLIÉ LE 16/10/2017

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Sourire à l’invisible

Comment associer la science, la joie et le monde invisible ? Mêler des disciplines qui a priori ne se rencontrent pas, un pari qu’a réussi tout au long de sa vie l’iconoclaste Philippe Bobola.



Bio Express


Diplômé en physique et en biologie, chercheur en cancérologie puis universitaire, Philippe Bobola travaille l’anthropologie et enfin la psychanalyse.
Aujourd’hui, il dirige un cursus à l’hôpital de Strasbourg intitulé « Peuples premiers : un regard pluridisciplinaire ». Il anime des conférences dans le monde entier.



Mieux comprendre le monde et mieux se comprendre, tels sont les enjeux de Philippe Bobola lorsqu’il entreprend son cursus universitaire. Un doctorat en physique lui permet d’assouvir son besoin de rigueur, mais il déplore d’enfermer le monde dans des équations. Des études de biologie et des recherches sur le cancer lui permettent d’aborder des systèmes plus complexes où les mathématiques ne font pas la loi.

Il découvre alors que la communauté des biologistes et des physiciens est parasitée par des croyances, alors qu’il pensait être à l’abri de cette subjectivité, notamment dans la façon de soigner. Il devient alors anthropologue pour tenter de comprendre le paramètre croyance qui intervient dans toute culture. Pour visiter le coeur de la pensée individuelle, il se forme ensuite à la psychanalyse. Conférences, formations, enseignements universitaires, Philippe Bobola est un couteau suisse mêlant les sciences et l’invisible.

Que vous a apporté cette vision pluridisciplinaire ?



L’intérêt des liens entre chaque discipline. À l’université, après un doctorat on est censé avoir réponse à tout. Mais un docteur en mathématiques est ignorant en biologie. Il faut s’effacer et redevenir candide. Souvent, ceux qui ne savent pas préfèrent considérer que ce qu’ils ignorent est minoritaire. C’est la manière dont on traite les disciplines nouvelles liées à l’invisible. Une certaine rationalité m’avait été donnée à travers mon éducation et je me suis rendu compte qu’on pouvait considérer la réalité différemment en fonction de la culture à laquelle on appartient. Quand je suis arrivé au Brésil, après une série de conférences, j’ai invité au restaurant l’ambassadeur qui m’avait servi de traducteur et il m’a dit : « Maintenant, parlons des choses sérieuses, qu’est-ce que vous avez à me dire sur les extraterrestres ? ». J’étais vraiment surpris. Il a enchaîné : « Si vous voulez vous joindre à nous ce soir, je fais tourner les tables en l’honneur d’un de vos compatriotes, Alan Kardec. » J’ai à nouveau montré un certain recul, et il m’a dit en me regardant comme si j’étais un insecte :
« Ah je vois. Demain je donne un cours d’économétrie à l’université de Brasilia, c’est plus dans votre rationalité. » Ça ne posait aucun problème à cet universitaire qui avait une double carrière d’ambassadeur et d’intellectuel de faire du spiritisme. Ici, c’est impossible. Si vous êtes rationnel, vous ne pouvez pas vous intéresser au paranormal.

Qu’avez-vous appris qui puisse s’appliquer à la santé ?



Le corps ne peut pas être appréhendé sans l’aspect psychologique. Derrière tout problème de santé, il y a une histoire de vie. Une maladie n’arrive pas n’importe quand. Or, on passe notre temps à séparer le corps et l’esprit. Si vous avez un problème cardiaque, on va vous envoyer voir un cardiologue, mais peut-être que le problème cardiaque vient d’une rupture sentimentale. Il faudrait qu’on envoie la personne vers un psychologue pour connaître l’impact qu’a eu cet événement sur elle.

La maladie est l’incarnation d’une émotion négative

Le mieux est d’appréhender son patient comme le ferait un ethnologue. Si une personne ne croit pas aux médecines parallèles et que vous l’envoyez vers un naturopathe, vous aurez du mal à avoir de bons résultats. Il faut qu’il y ait une cohérence entre la vision qu’a le patient de sa maladie et la façon dont le thérapeute propose de le soigner. La science a mis beaucoup de temps à accepter le facteur psychosomatique d’une maladie.

Maintenant, on admet la psycho-neuro-immunologie, c’est-à-dire qu’un stress peut amener à faire chuter le système immunitaire d’une personne. La maladie est l’incarnation d’une émotion négative. Le cerveau a trouvé un moyen de nous faire comprendre que l’on vit quelque chose avec lequel on est en désaccord en créant un dysfonctionnement dans notre corps. C’est comme si on mettait un message dans l’organe malade. Maintenant que la médecine chinoise est un peu plus populaire, on sait que le foie est le réceptacle de la colère, les reins, c’est la peur. Donc si on a des problèmes rénaux, ça veut peut-être dire que l’émotion principale de notre vie, c’est la peur. (...)

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