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" Afghanistan, visions d’un partisan " - pour tous dons supérieurs à 60 €
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Avant de fonder l'INREES, j'ai été journaliste d'investigation, et reporter de guerre. J'ai découvert l'Afghanistan à l'âge de 19 ans en entrant clandestinement dans le pays avec une escouade de moudjahidin antisoviétiques. Je suis tombé amoureux de cette terre, de ces hommes exemplaires durant ces mois passés au coeur des maquisde la Résistance. Nous étions en 1988. Je suis revenu inlassablement dans ce pays, jusqu'au jour où, au printemps 2001, je dirige à Kaboul l¹antenne afghane de la Société des Explorateurs Français. Entre ces deux moments, ce seront treize années de voyages et de reportages, treize années à observer un pays aimé. Né en 1968, j'entretiens une relation avec l'Afghanistan qui s'inscrit dans une saga familiale amorcée en 1956, quand mon père géographe
traverse cette contrée guère visitée. Elle s'achève lorsque mon frère Thomas
y meure accidentellement devant moi, en avril 2001.
« L’album d’une vie pour construire l’avenir de l’INREES »
Offrir cet album aujourd’hui est pour moi plus qu’un symbole. Comme si le passé, ce qui a fait de moi celui que je suis aujourd’hui, construisait l’avenir, très concrètement, l’avenir de l’INREES.
Je suis devenu un homme, en Afghanistan. Pas précisément ce jour d’avril 2001, pas parce que ce jour-là mon frère Thomas y est mort. Mais le long de toutes ces années passées, depuis ce mois de mai 1988, en fait. Le vent de ce pays, la poussière que j’y ai respiré, la sueur, la fatigue, les joies, les peurs, les désespoirs comme les victoires ; tous mes voyages afghans ont tanné un peu ma peau, y ont taillé quelques rides discrètes en même temps qu’ils ont blanchi quelques-uns de mes cheveux ; et ce qui est invisible de l’extérieur, ils ont fait de moi un homme. L’Afghanistan a fait de moi un homme. Il m’a donné la force de faire face aux questions étranges que parfois la vie pose. L’Afghanistan est une terre de lumière. Une terre de beauté peuplée de personnages terribles et d’êtres admirables. Un écho exacerbé de nos cœurs. Un monde de hautes mémoires. Qui nous arrache un frère, un fils, un ami, en même temps qu’il nous donne la force de le supporter.
Alors oui, il existe sans doute, ailleurs qu’en Afghanistan, d’autres paysages plus majestueux. Sur terre vivent d’autres peuples, aussi accueillants, et très certainement moins dangereux. Mais voilà, il y a entre l’Afghanistan et le voyageur qui vient s’y laisser prendre, comme une inoffensive inquiétude qui s’installe dans les premières semaines de la rencontre, et ça ne laisse pas indifférent. Il arrive qu’il suffise de trois jours. Une crainte, l’appréhension d’être au seuil d’un autre monde, que le siècle au cours duquel on est venu au monde n’a jamais existé. Que tout vacille. Avec le temps, le rapport devient plus complexe. Une nouvelle dimension s’ouvre alors et l’Afghanistan se met à révéler, avec beaucoup de discrétion mais avec quelle puissance, des morceaux de la vie des civilisations qui firent l’histoire de notre planète. Parce qu’ici, des millénaires d’histoire sont visibles comme des éclats de pierre le long d’un chemin.
Observateur indépendant, je suis l'auteur de très nombreux articles dans la plupart des magazines français ; j’ai aussi collaboré avec les chaînes Arte, Canal + et France 2. Auteur de plusieurs livres sur l’Afghanistan dont « Carnets afghans » écrit en collaboration avec mon épouse Natacha Calestrémé, ou de cet album photographique « Afghanistan, visions d’un partisan », je fus récompensé par la médaille de la Société de Géographie.
Stéphane Allix
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